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5G : Comment la technologie de pointe se transforme en une véritable aubaine pour nous

La transition du Maroc vers la 5G n’est pas seulement une modernisation technique, mais reflète un pari économique et stratégique sur l’avenir de la compétitivité et de la souveraineté numérique.

Le déploiement de la 5G au Maroc est déjà visible dans les grandes villes, et avec la prolifération des téléphones compatibles avec le réseau et le battage médiatique, le tableau initial semble prometteur. Cependant, cette émergence rapide masque des défis plus complexes liés à la réduction des disparités spatiales, au coût réel d’utilisation pour les consommateurs et aux exigences de cybersécurité. Il s’agit de faire de ce saut technologique un levier économique et social accessible à tous, et non un privilège réservé aux centres urbains. Cet article fait partie d’un suivi régulier de l’actualité économique et financière.


Après le lancement officiel de la 5G au Maroc, le pays entre dans une phase cruciale : Comment faire de cette technologie un moteur économique tangible, et comment atténuer les disparités régionales, tout en construisant un modèle durable pour les opérateurs et les utilisateurs. « Si le full speed observé à Casablanca ou Rabat et l’apparition du logo 5G sur des millions de smartphones attire un large public, il cache une réalité plus complexe », selon Finance News Hebdo. Le défi n’est pas seulement une question de vitesse, mais de structure de gouvernance, de financement, de régulation et de répartition des investissements dans l’industrie.

Couverture initiale et tests approfondis


Selon les données qui circulent, le réseau a couvert plus de 100 villes au cours des premiers jours, avec des vitesses d’essai dépassant partiellement les 2 Gbps. Les opérateurs insistent sur le fait qu’il n’y aura pas de coût supplémentaire pour l’utilisateur lorsqu’il passera sur le réseau 4G. Mais ces promesses soumettent le modèle économique à un test pratique rapide : Le pays dispose-t-il des conditions techniques et institutionnelles nécessaires à un déploiement équilibré de la 5G ?

La gouvernance, le financement et la question cruciale : Qui en bénéficiera ?


Selon les observateurs, le véritable enjeu ne réside pas dans la disponibilité de la technologie elle-même, mais plutôt dans la construction d’un cadre institutionnel, financier et spatial capable de rendre le service accessible à tous. Dans ce contexte, la question de la couverture effective reste la plus sensible, car l’extension du réseau à des zones moins rentables nécessite des mécanismes de régulation et de financement clairs, sous peine de voir la 5G se transformer en un projet purement urbain.

Objectifs 2030 : Le ratio de population n’est pas une justice spatiale


Les opérateurs ont annoncé une ambition de 70 à 85 % de la population d’ici à 2030. Sur le papier, cet objectif semble réalisable, mais il reste ambigu : Atteindre un pourcentage élevé de la population ne signifie pas nécessairement une couverture équitable du territoire. Les chiffres peuvent être atteints en densifiant les antennes dans et autour des grandes villes, alors que de vastes zones rurales restent vierges, reproduisant la même fracture numérique que celle qui existait auparavant avec la 4G.

La fracture numérique : Les « zones blanches » dépassent 40 % du territoire


Les disparités sont les plus prononcées dans les zones dites blanches, qui représentent plus de 40 % du territoire. Dans ces zones, une grande partie de la population dépend encore de la 2G et a du mal à utiliser des applications modernes ou à bénéficier de services numériques de base. La différence est frappante : Des mégapoles qui s’approchent de vitesses de l’ordre du gigabit et des zones où la connectivité se mesure en kilo-octets, ce qui limite les possibilités d’accès à l’éducation numérique et aux services administratifs et économiques.

Coût indirect pour l’utilisateur


Bien que les opérateurs aient insisté sur le fait qu’il n’y aurait pas de frais supplémentaires, l’utilisation pratique peut différer. La 5G favorise une consommation de données plus rapide, ce qui fait que les utilisateurs de services prépayés épuisent leur bande passante plus tôt. En outre, les augmentations proposées pour les volumes de données pourraient ne pas suivre le rythme de consommation plus élevé. Résultat possible : Coût réel plus élevé pour l’utilisateur, même si le prix du forfait ou de l’abonnement reste inchangé.

Partager les infrastructures et les fibres : La condition d’une expansion rapide


Le partage des infrastructures est considéré comme une voie quasi obligatoire pour accélérer le déploiement et réduire les coûts, en particulier avec la nécessité d’étendre les réseaux de fibre qui sont la véritable épine dorsale de la 5G. Le Maroc a une expérience dans ce sens grâce à une coentreprise entre ENOI et Etisalat Maroc, mais le modèle le plus efficace au niveau mondial est souvent basé sur des opérateurs d’infrastructure neutres, permettant une couverture plus rapide et des investissements plus rationnels. Sans cette approche, la 5G pourrait devenir un privilège urbain plutôt qu’un outil de développement national.

Cybersécurité et souveraineté numérique


Parallèlement à cette expansion, la cybersécurité devient un sujet central. L’augmentation du nombre d’appareils connectés et la prolifération des services augmentent le niveau de risque, tandis que le cadre juridique et réglementaire doit encore évoluer pour couvrir les nouvelles pratiques. La protection de l’épine dorsale des réseaux n’est pas un détail technique, mais une composante de la souveraineté numérique, qui exige des normes rigoureuses, des capacités de surveillance et de réaction, ainsi qu’une coordination nationale permanente.

Secteurs bénéficiaires : Opportunités significatives à condition que le réseau soit en place


L’impact économique potentiel est considérable si la couverture est assurée et si les services parviennent aux entreprises et aux citoyens :

  1. Industrie : Automatisez les chaînes de production en temps réel et optimisez le suivi et la maintenance.
  2. Agriculture : Irrigation intelligente, capteurs de terrain et drones pour la surveillance et le suivi.
  3. Santé : Télémédecine de meilleure qualité, échange de données plus rapide et aide au diagnostic.
  4. L’éducation : Contenu interactif, classes numériques plus stables et meilleures expériences d’apprentissage à distance.

Mais ces gains dépendent d’une condition essentielle : Le réseau doit être implanté là où se trouvent les personnes et les entreprises, et non pas là où il est plus facile d’obtenir des chiffres statistiques.

Karim Boukhris

بوقريس كريم صحفي متخصص في كرة القدم، ويملك خبرة تمتد لسبع سنوات في مجال الصحافة الرياضية المغربية. تعاون مع وسائل إعلام مثل "لو ماتان سبور"، "أطلس فوت" و"راديو ماروك سبور"، وينشر تحليلات تكتيكية وتقارير معمقة حول كرة القدم المغربية، مع تركيز خاص على المنتخبات الوطنية.

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