Un examen ophtalmologique pourrait détecter la dépression plusieurs années à l’avance… Une étude ouvre une voie médicale inattendue

Une étude récente a révélé que les magasins d'optique et les cabinets d'ophtalmologie situés dans les rues principales pourraient, à l'avenir, devenir des lieux permettant de détecter les risques de dépression, grâce à des images spécialisées de l'œil généralement utilisées dans le cadre des examens de routine.
Selon le journal « Daily Mail », des scientifiques ont découvert que des images détaillées de la partie postérieure de l’œil pourraient receler des indices précoces permettant d’identifier les personnes les plus exposées au risque de dépression dans les années à venir.
L’étude s’est concentrée sur la rétine, une couche sensible à la lumière située à l’arrière de l’œil, et a montré que le diamètre des veines qui l’alimentent pourrait être associé à un risque accru de développer une dépression par la suite.
Cette recherche s’est appuyée sur les données d’environ 40 000 adultes britanniques, et les résultats ont montré que les personnes présentant des veines plus larges au niveau de la rétine étaient jusqu’à 50 % plus susceptibles de souffrir de dépression au cours de la décennie suivante.
Les scientifiques avancent une explication possible à ce lien : la dépression pourrait être associée à une inflammation chronique de l’organisme, ce qui pourrait à son tour entraîner une dilatation des veines rétiniennes.
Des ophtalmologues du Centre international des yeux de l’université de Shantou, en Chine, ont analysé les données d’imagerie oculaire d’hommes et de femmes en bonne santé, puis les ont suivis pendant une période moyenne de 11,3 ans.
Au cours de cette période de suivi, 1 402 participants ont reçu un diagnostic de dépression, et les chercheurs ont constaté que la présence de veines rétiniennes dilatées était associée à une augmentation de 25 % du risque de développer cette affection.
Les chercheurs ont souligné qu’en l’absence de test objectif direct permettant de diagnostiquer la dépression, les images rétiniennes pourraient constituer un « marqueur prometteur et facilement accessible » pour aider à détecter cette affection ou à en surveiller les risques.
Les chercheurs ont écrit dans la revue *Mental Disorders* : « Notre étude apporte des preuves solides que la dilatation des veines précède l’apparition de la dépression clinique. »
Toutefois, l’équipe de recherche a souligné que ces résultats ne signifient pas que les images rétiniennes doivent être immédiatement adoptées comme outil de diagnostic, car des études supplémentaires sont encore nécessaires pour confirmer la précision de ce lien et en comprendre plus clairement les mécanismes.
Cette étude ouvre une nouvelle voie à l’utilisation des examens ophtalmologiques dans l’évaluation de la santé mentale, alors qu’ils étaient jusqu’à présent principalement associés au dépistage des troubles de la vision et des maladies oculaires.



