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Droits de l’homme : un taux de participation de 38 % aux élections appelle à une révision institutionnelle

Le Conseil national des droits de l'homme du Maroc a appelé à une analyse plus approfondie du taux de participation enregistré lors des élections législatives de 2026, qui s'est élevé à environ 38 %, estimant que ce niveau devrait inciter les institutions élues et exécutives à revoir leur manière d’aborder les enjeux sociaux et quotidiens, et à s’interroger sur le niveau de confiance des citoyens dans le processus électoral.

La présidente du Conseil, Amna Bouayach, a déclaré lors d’une réunion officielle que le taux de participation ne devait pas être considéré comme un simple chiffre, mais comme un indicateur lié à la confiance des électeurs dans les institutions, à leur conviction quant à l’utilité du vote et à la capacité des acteurs politiques à répondre aux attentes des différentes catégories de la société.

Mme Bouayach a souligné que « le taux de participation électorale ne se limite pas à sa dimension numérique », estimant que les écarts observés dans la participation entre les jeunes et les femmes, ainsi qu’entre les différentes régions et localités, soulèvent des questions liées à l’égalité des chances en matière de participation politique et aux conditions permettant l’exercice de ce droit.

Selon la même source, le Conseil a insisté sur le fait que l’évaluation des élections législatives doit allier, d’une part, la reconnaissance de la régularité du processus électoral et, d’autre part, les efforts visant à élargir la participation, à renforcer la confiance et à réduire les disparités en matière de représentation et d’engagement politique.

Plus de 11 000 formulaires d’observation

Le Conseil national des droits de l’homme a indiqué avoir recueilli plus de 11 000 formulaires au cours des différentes phases du processus électoral, contenant plus de 550 000 données qui ont fait l’objet d’une évaluation et d’une analyse.

Le processus d’observation a couvert 733 communes sur les 1 538 que compte le Maroc, dont 542 communes rurales et 191 communes urbaines ou circonscriptions, réparties dans 82 provinces et régions.

Selon la même source, l’observation s’est également étendue aux zones touchées par le séisme du Grand Atlas, ainsi qu’à d’autres ayant connu des manifestations liées à des problèmes sociaux et économiques, sans oublier les régions déjà sinistrées par des inondations.

Le Conseil s’était fixé comme objectif minimum de surveiller 3 915 bureaux de vote sur un total de 40 700 au niveau national, soit environ 8,9 % du total des bureaux, un pourcentage qui, selon le Conseil, dépasse les normes internationales de référence, comprises entre 3 et 5 %.

La journée du scrutin s’est déroulée dans des conditions normales, avec quelques exceptions

Le Conseil a précisé que les données recueillies dans les 3 915 bureaux de vote visités par ses observateurs, ainsi que dans les 1 644 bureaux suivis par des observateurs internationaux, ont montré que le scrutin s’était globalement déroulé dans des conditions normales, malgré quelques désaccords et altercations qui, selon son évaluation, n’ont pas affecté le déroulement général du scrutin.

Le Conseil a relevé deux cas exceptionnels dans les bureaux de vote n° 84 et 87 de l’école Al-Quds à Tanger, qu’il a qualifiés, au même titre que les observateurs internationaux, d’incidents susceptibles de porter atteinte à l’intégrité du processus électoral.

Le Conseil a demandé la publication des résultats des enquêtes relatives à ces faits et a annoncé son intention de transmettre son rapport au parquet général afin de soutenir le déroulement de l’enquête.

Il a également indiqué que certains de ses observateurs s’étaient vu refuser l’accès à plusieurs bureaux de vote, et que trois observateurs internationaux avaient été empêchés d’entrer dans un bureau de dépouillement à Tanger.

La jeunesse et les pressions sociales au cœur de la scène électorale

Mme Bouayach a déclaré que les contextes social et économique avaient été parmi les principaux facteurs influant sur les élections de 2026, soulignant que les questions liées à l’emploi, au pouvoir d’achat, à la santé, à l’éducation, à la qualité des services publics et aux disparités territoriales figuraient parmi les principales préoccupations relevées par le Conseil.

Elle a ajouté que la situation des jeunes revêtait une importance particulière, compte tenu des difficultés rencontrées par une partie d’entre eux pour accéder au marché du travail, atteindre l’autonomie économique et participer à la vie publique.

Le Conseil a également souligné que les dispositions légales visant à encourager les jeunes à se présenter sur des listes indépendantes n’ont pas été mises en œuvre comme prévu, tandis que la présence de candidats âgés de moins de 35 ans au sein des listes partisanes a augmenté, bien que de manière inégale d’une région à l’autre.

Le Conseil n’a recensé que deux listes indépendantes.

Au cours de la campagne électorale, le Conseil a indiqué que ses observateurs n’avaient pas relevé de cas jugés par Bouayach comme révélateurs d’un parti pris des autorités administratives en faveur d’un parti ou d’une liste en particulier.

En revanche, le Conseil a constaté une participation limitée des personnes en situation de handicap, tant au niveau des candidatures que de la participation aux activités de campagne électorale.

Quelques irrégularités pendant la campagne

Les formulaires d’observation sur le terrain ont fait état d’un certain nombre d’infractions commises pendant la campagne électorale dans différentes régions du pays.

Parmi les plus fréquentes figuraient la destruction d’affiches électorales, leur placement en dehors des emplacements prévus à cet effet, des propos injurieux, quelques cas isolés de violence physique, ainsi que des troubles lors des rassemblements électoraux.

Les observateurs ont également relevé l’utilisation de biens publics et de symboles religieux ou nationaux, ainsi que le recours à l’argent ou à l’offre de cadeaux, sans oublier certains cas de violence liés à l’appel au boycott des élections.

Le Conseil a souligné que l’ensemble de ces incidents ne représentait pas plus de 3 % des données qu’il a recueillies et analysées au cours de son observation de la campagne.

Selon la même source, le Conseil national des droits de l’homme a conclu que le taux de participation enregistré appelait un débat institutionnel plus large sur la confiance dans le processus politique, ainsi que sur les moyens d’élargir la base de la participation et de réduire les disparités entre les différentes catégories de population et les différentes régions.

Karim Boukhris

بوقريس كريم صحفي متخصص في كرة القدم، ويملك خبرة تمتد لسبع سنوات في مجال الصحافة الرياضية المغربية. تعاون مع وسائل إعلام مثل "لو ماتان سبور"، "أطلس فوت" و"راديو ماروك سبور"، وينشر تحليلات تكتيكية وتقارير معمقة حول كرة القدم المغربية، مع تركيز خاص على المنتخبات الوطنية.

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