Italie : arrestation d’un homme d’affaires et de son épouse marocaine dans une affaire de faux contrats de travail

Le parquet de Grosseto, dans le centre de l'Italie, a décidé de placer en détention un homme d’affaires italien âgé de 64 ans et son épouse marocaine, dans le cadre d’une enquête sur un réseau soupçonné d’exploiter les failles du système d’immigration pour faire entrer illégalement des étrangers au moyen de faux contrats de travail.
Selon les médias italiens, les services des carabiniers, en coordination avec les services chargés de la lutte contre la criminalité financière et économique, ont conclu que le couple avait exploité ce que l’on appelle le « décret sur les flux » (Decreto Flussi), destiné à réglementer l’entrée des travailleurs étrangers en Italie, pour attirer des personnes désireuses d’émigrer, pour la plupart des Marocains, et leur faire miroiter de réelles opportunités d’emploi, en échange de sommes allant jusqu’à environ dix mille euros par contrat.
31 étrangers sont entrés avec de faux contrats
Les enquêtes ont révélé que 31 personnes originaires de pays hors de l’Union européenne ont pu accéder au territoire italien sur la base de ces contrats, avant de se rendre compte, une fois sur place, que les emplois promis, notamment dans le secteur agricole, n’existaient tout simplement pas.
On soupçonne également que les victimes aient été contraintes de payer environ 250 euros par mois pour un logement ne répondant pas aux conditions de vie décentes, ainsi que d’autres sommes pour des fiches de paie falsifiées utilisées dans le cadre des démarches de demande de titres de séjour.
Plaintes de 2024 et sociétés ayant cessé leur activité
Les premiers éléments de l'affaire remontent à l'année 2024, lorsque plusieurs victimes ont déposé plainte auprès des autorités italiennes, ce qui a conduit les enquêteurs à ouvrir une enquête approfondie sur les méthodes de travail des deux suspects. Au cours des perquisitions, les autorités ont découvert des documents et des tableaux comptables contenant des transactions financières en euros et en dirhams marocains, ce qui a renforcé les soupçons pesant sur les activités qui leur sont imputées.
Les enquêteurs ont conclu que les contrats fictifs étaient établis au nom de sociétés ayant cessé leur activité ou déclaré faillite, ainsi qu’au nom de sociétés liées à des personnes décédées, dans le but de donner à ces contrats une apparence légale. Les éléments recueillis ont révélé l'existence d'une tarification précise pour les services fournis aux personnes souhaitant émigrer, avec un accent particulier mis sur le recrutement de ressortissants marocains.
Tentatives d’influence sur les témoins
Les messages et conversations électroniques analysés par les enquêteurs ont renforcé le volume des preuves dans ce dossier, après avoir révélé des tentatives visant à influencer certains témoins et à les inciter à retirer ou à modifier leurs dépositions en échange de sommes d’argent.
Les autorités estiment que le couple a transformé le mécanisme « décret sur les flux migratoires » en une activité lucrative, en exploitant le désir de dizaines d’étrangers de rejoindre l’Italie pour y travailler, et en transformant les promesses d’emploi en un moyen de collecter de l’argent par le biais de contrats que l’enquête a révélé comme étant fictifs.



