Santé

Pourquoi le CHU Mohammed VI d’Agadir mise-t-il sur la chirurgie robotique ?

Le CHU Mohammed VI d’Agadir inaugure une nouvelle phase avec l’introduction de la chirurgie robotique, dans le cadre d’une transformation plus large du secteur hospitalier public. Cette technologie est proposée comme un outil de précision au service du patient, dans le but d’améliorer les résultats des interventions chirurgicales et de réduire certaines complications, tout en soutenant l’offre de soins de haute technologie dans la région de Souss Massa. Dans ce contexte, le Professeur Mehdi Soufi, Directeur de l’hôpital et Doyen de la Faculté de Médecine et de Pharmacie d’Agadir, explique les raisons de ce choix, les conditions de sa mise en œuvre et les enjeux de sa pérennisation dans le cadre de la réforme du système de santé.

Pourquoi la chirurgie robotique n’est-elle pas un luxe ?


Le professeur Mehdi Soufi explique que l’introduction de la chirurgie robotique n’est pas une vitrine technique, mais une décision structurelle conforme à la réforme du système de santé marocain, qui met l’accent sur l’équité régionale, la qualité et la sécurité des soins, et l’efficacité du service public. Pour lui, équiper un hôpital universitaire de technologies qui améliorent les résultats chirurgicaux et réduisent les complications est un investissement au bénéfice du patient et du système de santé, et non un luxe. L’hôpital fait également le pari de jouer un rôle de référence régionale et nationale dans la prise en charge des cas complexes, l’innovation et la diffusion des bonnes pratiques. Il ajoute que ce choix répond à une réalité régionale claire en réduisant la nécessité pour les patients de Souss Massa de parcourir de longues distances pour des traitements spécialisés, renforçant ainsi l’autonomie des soins au niveau régional.

Qu’est-ce qui change pour les patients et comment les compétences humaines sont-elles gérées ?


Selon le directeur de l’hôpital, la chirurgie robotique, lorsqu’elle est utilisée dans les bons cas, offre des avantages pratiques directs aux patients, notamment une plus grande précision des mouvements, une meilleure visibilité dans le champ opératoire et de meilleures conditions de travail dans la salle d’opération. Selon le type d’intervention, cela peut se traduire par une réduction des risques, une diminution de la douleur postopératoire, une récupération plus rapide de l’alimentation et de la mobilité, et parfois des séjours hospitaliers plus courts. Il souligne que le robot n’est pas un substitut aux techniques approuvées, mais plutôt un complément qui élargit les options de traitement et permet de choisir la voie la plus appropriée pour chaque cas, la qualité et la sécurité restant l’objectif, tout en surveillant, en évaluant et en améliorant continuellement les résultats.

En termes de ressources humaines, Soofi souligne que la chirurgie robotique ne remplace pas un chirurgien, un anesthésiste ou du personnel infirmier, et n’apporte donc pas de solution directe à la pénurie de médecins. Toutefois, elle peut contribuer à accroître l’efficacité grâce à la précision, à améliorer la récupération dans certains cas et à minimiser les complications, ce qui se reflète dans le processus de traitement dans son ensemble. Cependant, un investissement important en formation et en organisation est nécessaire au départ, avant que l’équipe ne soit en mesure d’établir une activité de haut niveau qui contribue à attirer et à retenir les talents et à promouvoir le dynamisme académique.

Domaines d’application et défis en matière de durabilité


L’hôpital adopte une approche progressive pour étendre l’utilisation de la robotique, en se concentrant sur les spécialités où la chirurgie mini-invasive et précise offre une valeur clinique évidente, comme la chirurgie viscérale et gastro-intestinale, l’urologie, la gynécologie, la chirurgie thoracique et ORL, ainsi que certains domaines techniques avancés. À moyen terme, il est prévu de s’étendre à d’autres spécialités de manière mesurée, en fonction des besoins de l’entité, des niveaux d’activité, de l’impact clinique attendu et de la disponibilité d’équipes qualifiées. Il souligne que l’objectif n’est pas d’augmenter le nombre d’opérations robotisées, mais d’en assurer la pertinence, la sécurité et la continuité médicales.

Quant à la durabilité, Soufi la met à la condition de construire un modèle clair et viable, basé sur une gouvernance minutieuse, une planification des activités, une maintenance attentive, une gestion stricte des consommateurs et un programme de formation continue. Il estime que la durabilité ne se mesure pas seulement au prix d’acquisition, mais aussi aux résultats cliniques, à la réduction des complications, à la diminution de la durée d’hospitalisation et à l’amélioration du flux de patients. Ce projet est également lié à un projet régional plus vaste : le futur pôle régional de santé d’Agadir (GST), qui est censé organiser l’intégration des structures de soins dans la région, le CHU jouant un rôle central en tant que centre de référence et moteur d’innovation, de formation, de recherche et de diffusion des meilleures pratiques au sein du réseau public.

Karim Boukhris

بوقريس كريم صحفي متخصص في كرة القدم، ويملك خبرة تمتد لسبع سنوات في مجال الصحافة الرياضية المغربية. تعاون مع وسائل إعلام مثل "لو ماتان سبور"، "أطلس فوت" و"راديو ماروك سبور"، وينشر تحليلات تكتيكية وتقارير معمقة حول كرة القدم المغربية، مع تركيز خاص على المنتخبات الوطنية.

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