Le Maroc accélère les mégaprojets d’hydrogène vert

Le Maroc est entré dans la phase de développement de deux grands projets d’hydrogène vert, après que les entreprises énergétiques espagnoles Acciona et Moif ont conclu des accords préliminaires avec le gouvernement pour les propriétés réservées à ces projets.
Les accords ont été signés jeudi dernier dans le cadre du plan « Offre Maroc », lancé en 2024, qui vise à transformer le Royaume en un hub mondial des énergies propres. Initialement sélectionnées en mars 2025, les deux entreprises doivent désormais démontrer la robustesse technique et financière du concept, ainsi que la volonté de le mettre en œuvre. Le passage à l’étape suivante a été confirmé le 5 février lors d’une réunion à Rabat présidée par le Premier ministre Aziz Akhannouch.
Le Maroc mise sur l’abondance du rayonnement solaire et la régularité de l’énergie éolienne sur les côtes pour produire de l’hydrogène vert, des éléments qui lui confèrent un avantage concurrentiel par rapport aux pays qui ne bénéficient pas de ces conditions. Les usines d’hydrogène qui analysent l’eau pour produire de l’hydrogène à partir d’électricité fonctionnent plus efficacement lorsque les sources d’électricité renouvelables sont abondantes et stables.
Rabat vise également le marché européen, l’UE prévoyant d’importer 10 millions de tonnes d’hydrogène vert d’ici à 2030. Le Maroc espère devenir un fournisseur majeur, en s’appuyant sur ses provinces du sud pour produire de l’énergie et sur ses ports du nord pour exporter des produits à l’étranger. Selon les responsables, l’objectif déclaré est d’atteindre une part équivalente à 4 % de la demande mondiale.
Moif, anciennement Cepsa, s’est associé à TAQA Maroc, une filiale du groupe saoudien TAQA, pour développer un complexe de production d’ammoniac vert et de carburant à grande échelle dans le port de Jerf Asfar. TAQA Maroc fournira de l’électricité renouvelable provenant de projets dans le sud, tandis que MOEF dirigera la production de carburant et le développement.
Martin Wetselaar, PDG de Moiv, a déclaré : « Cet accord représente une étape importante vers la production à grande échelle de particules vertes au Maroc : « Cet accord représente une étape importante dans la mise en place d’une production de particules vertes à grande échelle au Maroc. Il a ajouté que le projet combine l’énergie renouvelable et l’expertise en matière de carburant afin de réduire les émissions dans les transports lourds.
Parallèlement, le groupe Ornex, qui comprend Acciona, l’Allemand Nordex et l’Américain Ortus, a obtenu un terrain à Laayoune pour un projet évalué à 4,5 milliards de dollars. Le Maroc prévoit d’installer plus de 2 gigawatts d’énergie renouvelable pour alimenter une usine d’hydrogène de 900 mégawatts, dont la production atteindra 100 000 tonnes d’hydrogène par an et qui sera convertie en environ 560 000 tonnes d’ammoniac vert.
Ces projets font partie d’un programme d’investissement plus vaste d’une valeur de 319 milliards de dirhams, soit environ 31,9 milliards de dollars américains. Le Maroc a également mis à disposition environ un million d’hectares de terres pour des projets d’hydrogène vert et a sélectionné cinq grands groupes parmi une quarantaine de propositions.
Outre les projets liés à l’Espagne et à l’Arabie saoudite, les groupes sélectionnés comprennent l’entreprise saoudienne ACWA Power, l’entreprise marocaine Nariva et un consortium dirigé par l’entreprise chinoise Three Gorges. En revanche, les entreprises énergétiques françaises Total Energies et Engie poursuivent des voies distinctes, mais ne font pas partie du premier lot pour cette phase de sélection.
Le Maroc cherche également à réduire sa dépendance à l’égard de l’ammoniac importé, qui est largement utilisé dans les chaînes du phosphate et des engrais. La production locale d’ammoniac vert devrait protéger l’économie de la volatilité des prix des combustibles fossiles sur les marchés mondiaux.
Le gouvernement souligne que cette stratégie vise à transformer les avantages naturels du Maroc que sont le soleil et le vent, ainsi que sa proximité géographique avec l’Europe, en un levier économique à long terme basé sur une croissance durable.



