Coupe d’Afrique des Nations 2025 : Les Lions de l’Atlas atteignent les demi-finales après 22 ans… et le rêve continue à Rabat

Vingt-deux ans après sa dernière apparition dans le dernier quart de finale du tournoi continental, l’équipe nationale marocaine est enfin de retour en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations. La victoire des Lions de l’Atlas sur le Cameroun, vendredi 9 janvier au soir à Rabat, n’est pas seulement un passage au tour suivant, mais le moment de briser une longue attente qui a commencé en 2004. Ce match a été précédé d’une atmosphère d’anticipation particulière, présentée précédemment dans un article introductif intitulé : « Maroc vs Cameroun en quarts de finale de la CAN – une confrontation entre calculs sobres et enthousiasme intense !
Un retour de poids lourds… une victoire calculée et un stade en liesse
Le retour du Maroc en demi-finale peut sembler une phrase banale pour des équipes habituées à ces tours, mais dans le contexte marocain, elle porte le poids d’années d’échecs et de hauts et de bas. Devant une salle comble au stade Moulay Abdallah, l’équipe n’a pas cherché à s’enflammer, mais plutôt à prendre des décisions. Ils ont battu les « lions indomptés » par deux buts sans réplique (2-0), et ont imposé l’image d’une équipe aux idées claires et à l’exécution froide, avec un grand respect des détails.
Rikraki a opté pour la continuité et a souligné sa conviction qu’une équipe gagnante n’a pas besoin d’une révolution dans les noms. C’est la même équipe que celle qui a joué contre la Tanzanie qui a commencé le match. Yacine Bounou dans les buts comme dernière garantie, avec une solide défense à quatre devant lui : Hakimi et Mezraoui sur les côtés, Akred et Massena dans l’axe. Le milieu de terrain était dirigé par Neel Al Ainaoui avec assurance et équilibre, tandis que Bilal Al Khanous et Ismail Sibari maintenaient la pression et faisaient avancer le ballon. En attaque, le trio Diaz, Kaabi et Zelzouli avait pour mission de créer des espaces et de déstabiliser la défense camerounaise.
Une domination précoce… et le premier but est le résultat d’un avantage logique
Dès le début de la rencontre, le Maroc a semblé mieux maîtriser son sujet. Un pressing organisé pour récupérer le ballon, des passes précises, un rythme qui laisse le Cameroun pris au piège et limité. La possession du ballon s’est faite naturellement, et les occasions se sont enchaînées, face à une équipe camerounaise qui manquait de créativité offensive et ne trouvait pas d’espace pour respirer.
L’apothéose survient à la 26e minute. Sur un corner bien exécuté par Hakimi, Kaabi s’est infiltré dans la surface de réparation et a créé un véritable chaos au cœur de la défense, avant que le ballon ne parvienne à Ibrahim Diaz, qui n’a pas hésité à trouver le chemin des filets, inscrivant ainsi son cinquième but du tournoi et confirmant une fois de plus qu’il est l’un des joueurs les plus influents de cette édition.
La fin de la première mi-temps a été marquée par une baisse de régime de la part du Maroc, ce qui a permis au Cameroun de prendre une légère avance. Le Cameroun a payé le prix de son agressivité, le capitaine Toulou recevant un carton jaune à la 39e minute pour un tacle violent sur Diaz, ce qui signifie qu’il sera suspendu pour le prochain match. Juste avant la pause, Zalzouli a failli doubler la mise d’une frappe enroulée qui est passée juste à côté de la lucarne d’Ibasi.
Deuxième mi-temps : Poursuite de la pression et deuxième but
Au début de la seconde période, les Lions de l’Atlas ont continué à presser sans se presser. De nombreuses occasions sont créées, mais la touche finale tarde à venir. A la 66ème minute, Walid Rikraki effectue ses deux premiers changements en faisant entrer Youssef Nasiri et Sofiane Amrabet à la place d’Ayoub El Kaabi et Bilal El Khanous pour maintenir le rythme et apporter du physique et de l’expérience dans la gestion des phases critiques.
La décision finale est intervenue à la 74e minute : une attaque sur le flanc gauche s’est terminée par un centre qui a rebondi sur un défenseur après une passe de Zelzouli et a trouvé Ismail Sibari, qui a marqué de la tête à bout portant, doublant ainsi le score et provoquant une vague de soulagement dans les gradins.
Rikraki a ensuite procédé à d’autres changements : Rahimi et Targallen sont entrés en jeu à la place de Sibari et Zelzouli (85ème minute), puis Ighamani est entré en jeu à la place de Diaz (89ème minute). A partir de là, les dernières minutes se sont transformées en une gestion complète du match jusqu’au coup de sifflet final, sous la houlette de l’arbitre mauritanien Dahane Abiad.
2-0… Plus qu’un résultat, c’est la libération d’une longue attente
Le match s’est terminé par une victoire du Maroc 2-0. Un gain sportif évident, mais aussi un moment de libération symbolique du nœud de cycles répétés qui se sont terminés à un seuil proche. C’est la première fois depuis 2004 que le Maroc se retrouve en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations, mais ce retour est différent : Moins émotionnel, plus organisé, plus mature.
2004: Référence de la mémoire marocaine
Tunisie 2004 reste un événement marquant. Une équipe sans grandes attentes, mais avec un fort esprit d’équipe, a réussi à surmonter des moments difficiles, avant d’atteindre la finale, qu’elle a perdue face à la Tunisie sur des erreurs défensives. Deux ans plus tard, en Egypte 2006, le rêve se dissipe rapidement et le Maroc entre dans une spirale d’instabilité : Les entraîneurs changent, les projets piétinent et les identités fluctuent.
En 2008, le talent ne s’est pas traduit par des résultats. En 2012, on espérait une nouvelle génération, mais la réalité a été plus dure, et les déceptions de 2013, 2017, 2019 et 2021 ont suivi, où le même scénario s’est répété : Une bonne performance par moments, puis une chute à un moment crucial, surtout en huitièmes de finale.
2023: Stress et effondrement après la Coupe du monde
Après la saga de la Coupe du monde du Qatar, le Maroc a abordé la Coupe d’Afrique 2023 comme une équipe sous les feux de la rampe et sous le feu des projecteurs. Elle a d’abord semblé organisée, mais son élimination en huitième de finale face à l’Afrique du Sud a été un choc qui a relancé la question de sa capacité à gérer le poids des attentes.
2025: Le tournant au Maroc
Lors de l’édition actuelle au Maroc, l’équipe a progressé pas à pas sans faire de bruit. La victoire contre le Cameroun n’a pas été un spectacle, mais c’est une victoire qui montre que l’équipe a tiré les leçons des années précédentes et qu’elle est capable de transformer une supériorité en un résultat clair dans un vrai match sous pression.
Vingt-deux ans après 2004, le Maroc retrouve les demi-finales, cette fois sans trop d’enjeux émotionnels. Le plus dur reste à faire, mais surtout, les Lions de l’Atlas ne sont plus prisonniers du passé. Ils l’affrontent et poursuivent leur chemin.



