Santé

Couverture santé : Les dossiers médicaux électroniques accélèrent la fin de la paperasserie

Le Maroc continue d’intégrer de multiples outils numériques pour moderniser le secteur de la santé. Alors que la réforme des dossiers médicaux électroniques (DME) est sur le point d’entrer dans sa phase opérationnelle, tous les regards se tournent vers Kenitra, qui devrait accueillir une première expérimentation à partir de mars 2026, avant un déploiement progressif à l’échelle nationale. Le projet s’inscrit dans le cadre de la modernisation du système de couverture santé, avec pour objectif de simplifier les démarches des assurés, de renforcer la transparence et de réduire les coûts administratifs. Ce développement est présenté dans le cadre d’un article de presse du quotidien marocain Al-Ahdath.

Lancement d’un projet pilote à Kenitra, ouvrant la voie à la généralisation

Selon le journal dans son édition du mardi 17 février, Kénitra se prépare au lancement pilote des dossiers médicaux électroniques d’ici fin mars 2026, en tant que réforme pivot qui annonce effectivement la transition d’un modèle administratif reposant largement sur les dossiers papier. Selon les mêmes données, la généralisation progressive à travers le pays devrait intervenir entre avril et juin de la même année, dans une démarche visant à réduire une charge administrative estimée à un coût annuel de 100 millions de dirhams.

Plate-forme unifiée et échange sécurisé de données numériques

La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) supervise cette transformation numérique, qui remplace les procédures traditionnelles par un échange électronique sécurisé de données entre l’institution et les différents acteurs impliqués dans le processus de traitement, notamment les médecins, les pharmaciens, les laboratoires d’analyse et les centres d’imagerie médicale. Le nouveau système est présenté comme faisant partie d’une approche intégrée qui s’appuie sur un système d’information unifié reliant les intervenants au dossier médical du patient, permettant un suivi plus systématique des prestations et réduisant le nombre de documents et la duplication des données.

En pratique, le processus commence avec le médecin qui génère la prescription via une plateforme d’information personnalisée ou un portail numérique. Après la consultation, le patient reçoit une ordonnance avec un code QR et un identifiant unique lié à son dossier de santé électronique (DSE). Ces données permettent au pharmacien ou au laboratoire d’accéder directement au dossier du patient, d’enregistrer les médicaments délivrés ou les prestations réalisées, puis de transmettre automatiquement les informations à l’administration, selon le Maghreb Events Bulletin.

Transition et modifications juridiques qui l’accompagnent

Afin d’éviter toute perturbation de la continuité des services pendant la transition, un plan a été préparé qui adopte une période à deux périodes au cours de laquelle les formats papier et électronique seront mis en œuvre simultanément. L’objectif est de maintenir la stabilité du parcours de traitement, tout en permettant aux professionnels de la santé de s’adapter progressivement à la nouvelle plateforme. Cet atelier s’accompagne également d’une importante modification législative dans le cadre de la loi n° 54.23, publiée au Journal officiel du 29 janvier 2026, qui prévoit le transfert de la gestion de l’assurance maladie du secteur public de la Caisse nationale des organismes de réserve sociale à la Caisse nationale de sécurité sociale, dans le cadre d’une simplification de la gouvernance du système.

Champ d’application de la réforme : Étudiants, enfants à charge et épargne

La réforme prévoit de mettre fin au système d’assurance maladie pour les étudiants en tant que formule distincte, en les intégrant dans d’autres systèmes de couverture, ainsi que d’étendre les prestations aux enfants à charge jusqu’à l’âge de 30 ans dans des conditions spécifiques. Les estimations officielles indiquent que la numérisation des demandes de traitement pourrait permettre à la Caisse nationale de sécurité sociale de réaliser d’importantes économies annuelles, estimées à environ 400 millions de Dh, grâce à la réduction de l’impression et du traitement manuel des dossiers. En revanche, le Plusieurs experts évoquent la possibilité qu’une partie du coût de la transition soit répercutée sur le secteur privé de la santé, ce qui inciterait les organisations médicales à investir dans des équipements informatiques, des solutions de sécurité des données et des systèmes de communication appropriés.

Préoccupations des professionnels et défis de la réussite

Le journal ajoute que des inquiétudes subsistent au sein de la communauté professionnelle quant à l’augmentation potentielle des charges administratives quotidiennes, qui pourrait affecter le rythme de travail dans les cliniques et les centres de santé. Les représentants de l’industrie soulignent qu’une transition réussie nécessite une interface simple et transparente ainsi qu’une formation efficace afin de garantir que le nouveau système soit adopté sans compliquer ou ralentir les services.

Au-delà de l’aspect technique, le DSE est considéré comme un outil fondamental pour un dossier médical commun, qui est censé améliorer la coordination des soins entre les interventions, renforcer la transparence et accroître l’efficacité du système de santé marocain. Cependant, la réalisation de ces objectifs reste tributaire de la fourniture d’un soutien technique adéquat, en particulier dans les zones rurales et les régions disposant d’une infrastructure numérique limitée.

Lors d’un discours en octobre dernier, Amine Tahraoui, ministre de la Santé et de la Protection sociale, a déclaré : « L’accélération de la numérisation du secteur de la santé est une priorité du gouvernement visant à promouvoir un accès équitable aux services médicaux. » Il a également expliqué que le dossier médical électronique permettra aux citoyens de suivre leur dossier médical grâce à des solutions numériques modernes, mettant ainsi fin aux procédures habituelles sur papier. Selon le ministre, ce processus favorisera la rationalisation des dépenses publiques tout en améliorant la qualité des services fournis aux assurés.

Karim Boukhris

بوقريس كريم صحفي متخصص في كرة القدم، ويملك خبرة تمتد لسبع سنوات في مجال الصحافة الرياضية المغربية. تعاون مع وسائل إعلام مثل "لو ماتان سبور"، "أطلس فوت" و"راديو ماروك سبور"، وينشر تحليلات تكتيكية وتقارير معمقة حول كرة القدم المغربية، مع تركيز خاص على المنتخبات الوطنية.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page