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En acceptant de rejoindre le Conseil de paix, le roi Mohammed VI poursuit la voie tracée par son grand-père Mohammed V

Le roi Mohammed VI du Maroc, chef du Comité de Jérusalem, a répondu à l’invitation du président américain Donald Trump à rejoindre en tant que membre fondateur le Conseil de la paix, le nouvel organisme international que la Maison Blanche a l’intention de lancer. Cette décision s’inscrit dans la continuité d’un parcours historique entamé par son grand-père, feu le roi Mohammed V, qui a été l’un des premiers dirigeants arabes et africains à appeler à l’engagement dans le nouvel ordre international après la Seconde Guerre mondiale, notamment à travers la Charte de l’Atlantique dans le cadre de la Conférence d’Anfa tenue en janvier 1943.

Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Expatriés marocains a annoncé lundi que le roi Mohammed VI a officiellement accepté l’invitation du président américain à adhérer à ce mécanisme multilatéral. Le journal Yabladi a interrogé plusieurs chercheurs pour connaître les implications de cette démarche et ses répercussions sur la position stratégique du Maroc.

Mohamed Eljit Malinen, vice-président du Centre marocain de la diplomatie parallèle et du dialogue des civilisations, a déclaré que l’adhésion du Maroc au Conseil de paix « n’est pas un mouvement circonstanciel ou un alignement passager », mais plutôt l’expression de « l’aboutissement d’un long parcours de choix clairs qui ont fait de Rabat un partenaire fiable dans l’élaboration de nouveaux accords de sécurité ». L’invitation américaine est « une reconnaissance concrète de la stabilité des institutions marocaines, de la clarté de sa vision stratégique et de son poids régional », a-t-il ajouté.

Pour Jytte Malinen, il ne s’agit pas tant d’une initiative préventive pour l’ère Trump que de l’anticipation d’un rôle marocain qui se cristallise depuis des années » Il explique que la structure de la politique étrangère du Royaume « est ce qui a rendu la réponse à l’invitation américaine naturelle et cohérente avec la trajectoire générale de l’État. »

S’agissant de la question du Sahara, l’orateur estime que la participation du Royaume aux travaux du Conseil de paix « fait passer ce dossier d’un différend régional chronique à un élément pivot dans l’équation de la stabilité en Afrique du Nord et au Sahel ». Il fait le lien avec la résolution 2797 du Conseil de sécurité (31 octobre) qui, selon lui, bénéficie d’un « contexte international plus favorable » pour consolider une approche basée sur la sécurité et la coopération, tout en renforçant la position du Maroc « en tant qu’acteur pivot face à des parties régionales qui abordent encore les dossiers dans une logique de confrontation ».

Mustapha Antra, professeur de droit et de sciences politiques à la Faculté de droit Ain al-Shaq de Casablanca, a déclaré que l’invitation de M. Trump est « une preuve claire de la position de leader du Maroc dans le domaine de l’établissement de la paix », que ce soit à travers sa « diplomatie religieuse modérée » ou à travers sa « présence efficace au sein des organisations et des organes concernés par la résolution des conflits sur une base juste et réaliste ». L’implication du Maroc dans le Conseil de Paix « élargira son réseau de partenariats politiques, sécuritaires et de développement » de manière à servir « ses intérêts stratégiques et à renforcer le soutien international à ses questions nationales, en particulier le Sahara marocain », a-t-il déclaré.

Par cette décision, le Roi Mohammed VI renoue le présent avec le passé. Le 11 janvier 1944, les signataires de la Déclaration d’indépendance demandent au sultan Mohammed V d’adhérer à la Charte de l’Atlantique signée en 1941 par le président américain Franklin D. Roosevelt et le premier ministre britannique Winston Churchill. Cette demande résulte d’une rencontre entre le sultan marocain et Roosevelt lors de la conférence d’Anfa (14-24 janvier 1943).

La Charte de l’Atlantique a par la suite établi les piliers d’un nouvel ordre international après la défaite des puissances de l’Axe, et a conduit à la création de l’Organisation des Nations unies, qui a succédé à la Société des Nations. Aujourd’hui, huit décennies après ce jalon, le Maroc se trouve à nouveau invité à siéger au centre d’un nouveau mécanisme international de gestion de la paix et de la sécurité, le Conseil de la paix, adopté par l’actuel président américain Donald Trump, dans le contexte de la refonte de l’équilibre des pouvoirs et de l’architecture stratégique à l’échelle mondiale.

Karim Boukhris

بوقريس كريم صحفي متخصص في كرة القدم، ويملك خبرة تمتد لسبع سنوات في مجال الصحافة الرياضية المغربية. تعاون مع وسائل إعلام مثل "لو ماتان سبور"، "أطلس فوت" و"راديو ماروك سبور"، وينشر تحليلات تكتيكية وتقارير معمقة حول كرة القدم المغربية، مع تركيز خاص على المنتخبات الوطنية.

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