La Bourse de Casablanca efface des mois de hausse en deux séances

La Bourse de Casablanca (CSE) a poursuivi sa baisse pour la quatrième journée consécutive dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Après la forte baisse de 4,27 % enregistrée lundi, l’indice Mazi a enregistré une nouvelle baisse de 5,63 % pour terminer la séance à 16 399 points, avec des transactions s’élevant à environ 984 millions de dirhams.
Avec cette baisse successive, l’indice de référence a perdu une grande partie des gains accumulés au cours des derniers mois, enregistrant un résultat annuel négatif d’environ 13 % et ramenant son niveau à une fourchette proche de celle d’avril 2025, dans un mouvement rapide qui a effacé en deux séances ce qui avait été réalisé au cours d’une période plus longue de performance positive.
La séance a été dominée par une pression vendeuse généralisée, avec 65 titres en baisse et seulement 3 titres en hausse, le reste des valeurs n’ayant guère varié. La correction a été généralisée et complète, accentuant la baisse et la répartissant sur plusieurs secteurs plutôt que de la limiter à des titres spécifiques.
Cette volatilité est survenue immédiatement après un week-end d’escalade sans précédent dans la région. Entre le 28 février et le 1er mars 2026, le déclenchement d’une confrontation ouverte entre les États-Unis, Israël et l’Iran a directement ramené les préoccupations géopolitiques au premier plan des marchés mondiaux, ce qui a eu un impact rapide sur le climat d’investissement et a incité les investisseurs à réduire les risques.
Au niveau des valeurs les plus échangées, Attijariwafa Bank a été en tête de l’activité avec un volume de transactions d’environ 190 millions de dirhams, en baisse de 4,21% pour s’établir à 680 dirhams. Maroc Maroc a fortement baissé de 10% à 702 AED sur un chiffre d’affaires de 87 millions AED. TGCC a baissé de 7,14% à 676 AED, avec un chiffre d’affaires de 67 millions AED.
Les analystes estiment que les investisseurs de Casablanca ont réagi plus vivement que certains des marchés les plus proches des points chauds, ce qui reflète le niveau élevé de sensibilité aux nouvelles extérieures. En même temps, le volume d’échange de près d’un milliard d’AED indique que le marché est resté actif malgré la pression, avec des comportements différents entre ceux qui ont rapidement réduit leurs positions et ceux qui ont profité de la correction pour se repositionner.
Selon les données qui circulent parmi les observateurs, cette baisse n’est pas due à une détérioration directe des fondamentaux des entreprises cotées en bourse, puisque les indicateurs disponibles montrent que le chiffre d’affaires de ces entreprises a augmenté d’environ 10 % en 2025, alors que les attentes précédentes étaient de 7 %. Cependant, l’inquiétude est surtout centrée sur les répercussions potentielles de la hausse des prix de l’énergie, la pression sur le déficit budgétaire, l’impact sur la courbe des taux d’intérêt et la baisse des marges dans certaines industries.
Dans un scénario plus sombre, la persistance des tensions pourrait pousser le marché vers des niveaux d’évaluation plus bas, avec un multiple P/E proche de 17x les bénéfices estimés pour 2026, des niveaux qui ont été observés au cours des périodes de crise précédentes.



