Prix des viandes rouges au Maroc : Un répit temporaire avant une nouvelle vague de hausses

Le marché marocain de la viande rouge s’apprête à connaître une baisse temporaire des prix, alimentée par l’arrivée d’importantes cargaisons de bétail importé, avant que les pressions ne reprennent et que les prix n’augmentent à partir du mois de juin, alors que les défis structurels du secteur persistent.
Entre avril et mai, les ports marocains devraient recevoir plus de 40 000 têtes de bétail en provenance du Brésil et de l’Uruguay, ce qui devrait contribuer à faire baisser les prix qui ont augmenté ces derniers mois. Les professionnels du secteur estiment que cet afflux créera un équilibre temporaire entre l’offre et la demande.
Toutefois, ce répit sera de courte durée, car les prix devraient repartir à la hausse avec l’arrivée de l’été. Cette hausse est due à l’augmentation des coûts d’importation, le prix d’un kilogramme de bétail importé, notamment du Brésil, ayant augmenté d’environ 5 dirhams, ce qui se répercutera progressivement sur les prix du marché local.
Cette baisse temporaire est également liée au calendrier des transactions, les cargaisons actuelles de janvier et février ayant été achetées à des prix inférieurs aux niveaux actuels du marché international, ce qui a donné au marché une brève période de stabilité avant le retour des tensions.
En revanche, le Le rythme de la demande reste élevé, les abattoirs de Casablanca traitant entre 350 et 600 têtes de bovins par jour, en plus de 1 000 à 1 500 ovins, ce qui reflète une forte consommation qui n’est pas compensée par une offre suffisante pour couvrir les besoins croissants.
Actuellement, les prix de la viande sur le marché de gros varient entre 75 et 92 dirhams le kilogramme pour la viande bovine, tandis que les prix de la viande ovine atteignent environ 110 dirhams pour les grosses têtes, et peuvent monter jusqu’à 130 dirhams pour les petites. Au niveau de la vente à tempérament, les prix varient entre 140 et 175 dirhams en fonction de la qualité.
Les prix de la viande, en particulier des ovins, continuent d’augmenter, sous l’effet d’une demande accrue liée aux préparatifs de l’Aïd al-Adha, d’une offre limitée et des coûts élevés de l’élevage, en particulier du fourrage.
Cette situation met en évidence la dépendance croissante du Maroc à l’égard des importations pour couvrir ses besoins en viande rouge, étant donné que les fluctuations des prix mondiaux, les coûts de transport, les prix des matières agricoles et même le taux de change du dollar affectent directement le marché national.
Les spécialistes estiment que le recours aux importations reste une solution temporaire qui ne résout pas les déséquilibres profonds du secteur, tels que la faiblesse de la production locale, les défis climatiques et les coûts de production élevés. Parmi les solutions proposées pour surmonter ces problèmes, on peut citer Le développement de l’élevage fourrager, l’amélioration des races et la réorganisation des circuits de distribution.
Dans ce contexte, le marché de la viande rouge au Maroc reste en équilibre fragile entre une brève période de stabilité au printemps et la possibilité d’un retour à des prix plus élevés au cours de l’été.



