Société

Rumeurs d’enlèvement d’enfants au Maroc : Comment les médias sociaux répandent-ils la peur ?

Des messages vocaux, des vidéos et des messages circulant sur les médias sociaux et les applications de messagerie ces derniers jours ont suscité une inquiétude généralisée au Maroc concernant des allégations d’enlèvement d’enfants. Bien qu’aucun cas confirmé d’enlèvement n’ait été enregistré selon les autorités officielles, ces dernières continuent de publier des déclarations de démenti et appellent à la prudence face à la propagation rapide d’informations non fiables. Ce rapport est basé sur le quotidien marocain Al-Ahdath.

L’anxiété numérique devient un comportement quotidien


Les rumeurs sont devenues un sujet quotidien dans les discussions numériques et se sont rapidement reflétées dans le comportement de nombreuses familles. Dans différents quartiers et villes, les parents ont déclaré qu’ils accompagnaient désormais leurs enfants lorsqu’ils sortaient ou qu’ils répétaient plus souvent leurs avertissements. Les groupes de discussion sur les applications de messagerie, en particulier WhatsApp, sont devenus le principal canal de transmission de ces histoires d’un compte à l’autre, souvent sans vérification préalable de la source ou de l’exactitude, ce qui augmente le niveau d’anxiété et produit un sentiment collectif de danger.

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Selon le journal marocain « Al-Ahdath Al-Maghrebiya » publié le mardi 10 mars, le point de départ de l’inquiétude est constitué par des enregistrements audio et des publications qui parlent d’un « réseau criminel » spécialisé dans l’enlèvement d’enfants à des fins de vol d’organes ou de trafic d’êtres humains, selon le journal marocain « Al-Ahdath ». Les promoteurs de ces messages se sont concentrés sur la nouvelle de la disparition de trois filles dans des circonstances différentes dans des villes telles que Chefchaouen, Midelt et Beni Mellal. Dans certains cas, les corps des victimes ont été retrouvés, alors que « les enquêtes se poursuivent pour éclaircir les circonstances de ces tragédies, dont les premières informations indiquent qu’il s’agit d’incidents isolés et sans lien entre eux », rapporte le journal. Ce mélange de faits criminels réels et de rumeurs non confirmées a rendu le récit plus crédible pour un grand nombre de personnes.

Un document présumé du ministère de l’Intérieur… puis un démenti officiel


La vague de rumeurs a été compliquée par la diffusion d’une note administrative attribuée au ministère de l’intérieur et adressée aux écoles, mettant en garde contre une augmentation présumée des enlèvements d’enfants. Le document est rapidement devenu viral sur les plateformes de médias sociaux et sur certains sites web avant que l’on ne se rende compte qu’il s’agissait d’un faux.

Le ministère de l’intérieur a rapidement démenti l’authenticité du document et de son contenu, confirmant qu’il n’avait pas émis de circulaire similaire à l’intention des établissements d’enseignement ou autres. Il a souligné que ce qui circule est « sans fondement », avertissant que la circulation d’informations non documentées peut conduire à une anxiété et une panique injustifiées, et soulignant la nécessité de s’appuyer sur des sources officielles pour toutes les questions liées à la sécurité publique.

Les données de sécurité pour déconstruire les « histoires » à la mode


À Marrakech, la direction de la police a catégoriquement démenti les allégations circulant sur Internet selon lesquelles une femme voilée et son mari auraient été arrêtés parce qu’ils étaient soupçonnés d’avoir enlevé un enfant. Une femme mariée et mère de neuf enfants a éveillé les soupçons des voisins après avoir croisé un mineur dans un quartier résidentiel, avant que les procédures de vérification ne confirment qu’il n’y avait aucune preuve d’un crime, a déclaré la police.

À Casablanca, la police est intervenue pour clarifier les circonstances d’une vidéo virale dans laquelle une femme demande l’accès à des images de vidéosurveillance pour rechercher deux adolescents (14 et 15 ans) présentés dans la vidéo comme de possibles victimes d’enlèvement. Cependant, les investigations ont révélé que l’incident remonte à l’année dernière et concerne deux frères qui se sont enfuis de chez eux et ont été retrouvés sains et saufs dans un parc à Barchid.

A Kenitra, le dimanche 8 mars, un message vocal est devenu viral, affirmant qu’un homme et une femme portant le foulard avaient tenté d’enlever un enfant à Jorf El Salt. La police a ouvert une enquête et s’est rendue sur place avec l’auteur du message et son fils mineur. L’enquête a conclu que l’histoire avait été inventée par l’enfant lui-même afin de convaincre sa mère de l’accompagner à l’école tous les jours. En conséquence, les autorités ont confirmé que l’enregistrement était faux et ont rappelé qu’elles prenaient au sérieux toute information susceptible d’affecter le sentiment de sécurité du public.

Comment les plateformes produisent-elles la peur ?


Ces faits, tels qu’ils sont présentés dans le rapport, révèlent un mécanisme commun de propagation des rumeurs : Une courte histoire choquante + une circulation rapide au sein de groupes fermés + l’absence de vérification + la diffusion d’un « avertissement » par mesure de protection. Avec des messages répétés et des formats multiples (audio/vidéo/post), la même peur devient un facteur de propagation, même lorsque les autorités officielles nient l’histoire ou la recontextualisent.

Karim Boukhris

بوقريس كريم صحفي متخصص في كرة القدم، ويملك خبرة تمتد لسبع سنوات في مجال الصحافة الرياضية المغربية. تعاون مع وسائل إعلام مثل "لو ماتان سبور"، "أطلس فوت" و"راديو ماروك سبور"، وينشر تحليلات تكتيكية وتقارير معمقة حول كرة القدم المغربية، مع تركيز خاص على المنتخبات الوطنية.

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