Visas Schengen : L’UE envisage d’étendre les entrées multiples à plus de cinq ans pour certaines catégories de personnes

La Commission européenne s’apprête à réviser la politique des visas en adoptant une approche plus souple, en étudiant la possibilité d’accorder des visas Schengen à entrées multiples d’une durée de validité supérieure à cinq ans aux voyageurs considérés comme fiables, tels que les professionnels, les chercheurs, les chefs d’entreprise et les touristes réguliers. Cette mesure vise à renforcer l’attrait économique de l’Europe tout en maintenant des contrôles de sécurité stricts à l’entrée de l’espace Schengen.
Dans le cadre de la nouvelle stratégie européenne en matière de politique des visas présentée à la fin du mois de janvier, le document détaille une proposition visant principalement les hommes et femmes d’affaires voyageant régulièrement, les touristes réguliers présentant un faible risque en matière d’immigration, ainsi que les segments de talents internationaux dont l’activité est liée à la création d’une valeur ajoutée pour l’économie européenne. Le concept est censé faciliter l’accès à l’Europe et réduire les charges procédurales pour les voyageurs fréquents, sans affaiblir les normes de vérification et de contrôle.
Cette idée s’inscrit dans le cadre d’un réexamen plus large à l’échelle de l’UE visant à adapter la politique des visas aux changements économiques, technologiques et géopolitiques actuels. Bruxelles s’attache à renforcer la capacité du continent à être compétitif au niveau mondial dans les domaines de l’investissement, de l’innovation et de l’attraction des compétences, tout en maintenant un niveau élevé de protection des frontières extérieures et en assurant un équilibre entre une ouverture mesurée et les exigences en matière de sécurité.
La stratégie explique que faciliter la circulation des professionnels, des entrepreneurs, des chercheurs, des étudiants internationaux et des artistes peut avoir un impact direct sur la compétitivité de l’Europe. Les visas à entrées multiples de longue durée peuvent contribuer à réduire les procédures administratives pour les voyageurs fréquents et favoriser les échanges commerciaux, scientifiques et culturels en réduisant la fréquence des rendez-vous et des demandes multiples dans les consulats.
Dans le même ordre d’idées, les autorités européennes envisagent de numériser entièrement la procédure de délivrance des visas en permettant le dépôt électronique des demandes et en passant progressivement des vignettes traditionnelles à des visas numériques sécurisés. Cette modernisation est censée simplifier l’expérience des demandeurs, tout en améliorant la qualité de la surveillance et en renforçant l’efficacité des audits.
Malgré cette tendance à l’ouverture, la stratégie souligne que la sécurité de l’espace Schengen reste une priorité qui ne peut être compromise. Selon l’approche européenne, la politique des visas reste un outil central pour freiner l’immigration irrégulière, lutter contre la criminalité organisée et réduire les risques pour la sécurité dans l’espace Schengen, d’une manière qui préserve la fluidité sans ouvrir de brèches dans le système de protection.
Par conséquent, la Commission s’apprête à renforcer la surveillance des pays exemptés de visa et à envisager des mesures restrictives spécifiques et contextualisées en cas de tensions politiques ou sécuritaires. Le document souligne également l’importance de développer la coopération avec les pays partenaires sur les questions de migration, tant en termes d’échange d’informations que d’amélioration des mécanismes de réadmission et de gestion des flux.
Acquisition de talents et innovation
Les étudiants, les chercheurs, les travailleurs hautement qualifiés, les entrepreneurs innovants et les spécialistes du numérique figurent parmi les groupes prioritaires de la stratégie européenne. Dans ce contexte, Bruxelles vise à simplifier les procédures de visa de long séjour et à améliorer la coordination consulaire entre les États membres, ce qui pourrait contribuer à réduire les délais de traitement des demandes et à accroître le niveau de cohérence des décisions.
Dans le même ordre d’idées, le rôle de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) pourrait évoluer pour lui permettre d’apporter un soutien accru aux États membres dans la gestion opérationnelle des demandes de visa, en améliorant les capacités de traitement et de suivi et en répondant à la volonté de l’Union de moderniser son système consulaire sans abandonner les exigences en matière de contrôle.



