Un robot humanoïde dans chaque foyer Le rêve se rapproche de la réalité

Les robots humanoïdes ne sont plus confinés aux usines, au commerce et au secteur de la santé, mais il est clair que cette technologie fait lentement son entrée dans les foyers. Grâce aux progrès rapides de l’intelligence artificielle, les robots humanoïdes sont capables de marcher, de danser, de se battre et de parler, et ils se rapprochent maintenant de la possibilité d’effectuer des tâches ménagères simples et quotidiennes. Les développeurs visent à produire un robot capable de travailler dans les magasins, les bureaux et les maisons comme un être humain.
Pour que ce concept devienne réalité, il suffit, dans un premier temps, d’un équipement simple : un dispositif monté sur la tête, un smartphone et une liste de tâches à effectuer.
Les robots sont formés aux tâches ménagères légères grâce à ce que l’on appelle les « données autocentrées » ou « l’enregistrement à la première personne ». En termes simples, lorsqu’une personne se filme en train de faire la vaisselle, de dépoussiérer ou d’effectuer des tâches similaires, elle produit un matériel visuel qui peut être utilisé pour enseigner à un robot. Récemment, des start-ups ont commencé à collecter de telles séquences par l’intermédiaire de milliers de travailleurs contractuels dans le monde entier afin de répondre à cette demande croissante.
Arian Sadeghi, vice-président de Robotics Data chez Micro1, a déclaré : « Ce type de données sera nécessaire dans les usines, les entrepôts, le commerce de détail, les maisons de soins, les hôpitaux et, en fait, dans presque tous les environnements, car chaque mouvement est différent. »
Depuis l’année dernière, l’entreprise constitue des équipes à distance à cette fin. Les travailleurs reçoivent un équipement de caméra montée sur la tête, des instructions de tournage et des listes de tâches à accomplir, notamment la cuisine, le nettoyage, le jardinage et les soins aux animaux. Il leur est demandé d’effectuer une rotation entre les différentes tâches, à raison d’un minimum de 10 heures de tournage par semaine. Jusqu’à présent, la majeure partie du contenu filmé a porté sur les tâches ménagères, mais l’entreprise encourage également les travailleurs à essayer de nouveaux environnements et de nouveaux emplois, afin que les futurs robots puissent s’adapter plus rapidement à des tâches et à des lieux inconnus.
Un milliard d’heures
Micro1 est basée à Palo Alto, en Californie. Micro1 a son siège à Palo Alto, en Californie, mais ses quelque 4 000 employés sont répartis dans 71 pays. L’entreprise reçoit plus de 160 000 heures d’images par mois. Bien que cela semble beaucoup, ce n’est pas encore assez, selon l’entreprise. Selon Arian Sadeghi, un robot à part entière pourrait nécessiter jusqu’à un milliard d’heures de vidéo.
Il a ajouté : « Nous n’en sommes pas encore au stade des capacités interactives : « Nous n’en sommes pas encore au stade des capacités interactives, nous ne parlons que de simples tâches ménagères ».
L’augmentation actuelle de la demande de données de formation pour les robots est similaire au développement initial des chatbots d’IA tels que ChatGPT. Ce modèle s’appuyait à l’origine sur des centaines de milliards de mots collectés sur l’internet. Par la suite, les modèles intelligents ne s’appuient plus uniquement sur du texte, mais sont également capables de générer des images et des vidéos à partir de matériel numérisé disponible sur le web.
Les robots capables d’effectuer des tâches ménagères nécessitent un type de données de formation plus spécialisé et plus précis, pour lequel il n’existe pas de bibliothèques prêtes à l’emploi, comme c’est le cas pour les textes ou les images en général.
Les organismes de recherche estiment que le marché de la collecte de données croît à un rythme annuel d’environ 30 %. Si cette tendance se poursuit, le marché devrait valoir au moins 10 milliards de dollars d’ici 2030.
La question de la diversité et des différents environnements est très importante dans ce type de travail. Une cuisine indienne n’est pas la même qu’une cuisine américaine, et même de simples outils comme un balai sont différents d’un endroit à l’autre. C’est pourquoi il est essentiel de collecter des données dans plusieurs régions du monde.
Comment les robots sont-ils formés ?
Pendant des décennies, les robots ont appris à effectuer des tâches en se basant principalement sur la télécommande. Toutefois, cette méthode nécessite du matériel coûteux et une architecture technique complexe. Ces dernières années, la tendance a été de former les robots dans des environnements virtuels via des logiciels, mais cette approche n’a pas toujours donné les résultats escomptés lorsqu’il s’agissait d’interagir avec des objets du monde réel.
C’est pourquoi les fabricants de robots ont récemment commencé à considérer l’utilisation d’enregistrements humains comme une solution pratique et équilibrée pour la formation des machines. Cette méthode repose sur des caméras et des coûts de main-d’œuvre peu élevés, ce qui la rend moins compliquée que d’autres solutions. Le Japon et la Corée du Sud disposent également de centres de collecte de données similaires à ceux de la Chine, mais certaines entreprises préfèrent déplacer cette activité dans les pays d’Asie du Sud-Est pour profiter du coût inférieur de la main-d’œuvre.
En Chine, qui a considérablement augmenté ses investissements publics dans le secteur de la haute technologie, au moins 60 centres de formation de robots ont été annoncés dans tout le pays. Jusqu’à présent, les robots qui y sont produits sont principalement utilisés à des fins de formation et de recherche.
Cependant. Il n’existe pas de méthode parfaite pour enseigner aux robots, et il n’est pas possible de se contenter d’une seule méthode, affirment les spécialistes de l’industrie. Pour les trois prochaines années, il semble nécessaire de se concentrer sur les « données autocentrées », mais cette tendance pourrait ne pas durer longtemps. Avec le développement de l’IA, il sera peut-être possible à l’avenir de transformer les clips YouTube en ce type de données utilisables pour la formation des robots.
Les laboratoires de robotique eux-mêmes ne savent pas exactement de quel type de données ils auront besoin dans 12 mois.
L’une des principales raisons pour lesquelles les robots généraux ont besoin de tant de formation est que l’environnement domestique est intrinsèquement instable. Les meubles, les objets et les personnes qui s’y trouvent bougent et se déplacent constamment. Amener un robot au point où il peut préparer la nourriture, nettoyer ou effectuer des tâches ménagères quotidiennes peut être la dernière étape, et la plus complexe, du parcours d’automatisation.



