Les ménages marocains reprennent leur souffle sur le plan financier… Les dépôts augmentent et l’endettement révèle une autre facette de la reprise

La situation financière des ménages marocains a continué de s'améliorer au cours de l'année 2025, un indicateur qui reflète un retour progressif à l'équilibre dans les budgets des ménages, malgré la persistance de certaines pressions liées à l'endettement et aux défauts de paiement.
Cette amélioration s’explique par l’évolution du patrimoine des ménages, qui a atteint 1,192 milliard de dirhams, selon les révélations du treizième rapport annuel sur la stabilité financière, présenté ce lundi à Rabat.
Publié conjointement par la Banque du Maroc, l’Autorité marocaine des marchés de capitaux et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale, ce rapport met en lumière l’évolution des indicateurs relatifs aux ménages et aux entreprises au sein du système financier national.
Le rapport précise que le patrimoine financier des ménages se compose essentiellement de dépôts bancaires, dont le solde s'élève à 935 milliards de dirhams, ce qui confirme que l'épargne bancaire reste la principale composante de la fortune financière des ménages.
Les placements en valeurs mobilières ont également enregistré une hausse notable, atteignant 114 milliards de dirhams, ce qui témoigne de l’intérêt croissant des ménages pour les produits d’investissement financier, parallèlement à l’épargne traditionnelle.
Parallèlement à cette amélioration des actifs financiers, l’endettement des ménages a enregistré sa plus forte hausse depuis 2012, atteignant 456 milliards de dirhams, soit 27 % du produit intérieur brut.
Selon le rapport, cette évolution est liée à l’accélération des prêts immobiliers et des crédits à la consommation, ce qui reflète le recours continu des ménages au financement bancaire pour couvrir leurs besoins en matière de logement et leurs dépenses.
Cette hausse de l’endettement s’est accompagnée d’une légère augmentation du taux d’endettement moyen chez les nouveaux emprunteurs, ainsi que d’une hausse de la part des ménages dont l’endettement dépasse 40 % de leurs revenus.
Dans ce contexte, le taux de défaut de paiement des ménages est resté relativement élevé, se stabilisant à 10,3 %, un niveau qui révèle la fragilité persistante d’une partie des emprunteurs malgré l’amélioration de la situation financière globale des ménages.
Quant aux entreprises non financières, leur encours de dettes bancaires a atteint 657 milliards de dirhams, soit 39 % du produit intérieur brut.
La dette obligataire de ces entreprises s’est quant à elle élevée à 124 milliards de dirhams, tandis que le taux de créances en souffrance au sein du portefeuille de prêts s’est stabilisé à 11,2 %.
L’analyse de la structure financière, réalisée sur un échantillon de 116 406 entreprises, met en évidence une baisse de la part de la dette financière à moyen et long terme à 43 % des capitaux permanents en 2024, contre 46 % l’année précédente.
Quant à la dette financière à court terme, elle a atteint environ 11 % du chiffre d’affaires, enregistrant un léger recul par rapport à l’année précédente.
En ce qui concerne les délais de paiement entre entreprises, les indicateurs ont continué de s’améliorer, dans le prolongement de la dynamique positive amorcée depuis 2021.
En effet, les délais moyens de paiement des clients ont reculé à 98 jours par rapport au chiffre d’affaires en moyenne en 2024, contre 123 jours en 2023.
De même, les délais moyens de paiement des fournisseurs ont baissé, passant de 80 à 70 jours à compter de la date d’achat, une évolution qui reflète une amélioration progressive des relations de paiement au sein du tissu économique.
Malgré cette évolution positive, le rapport souligne que des disparités persistent selon la taille des entreprises et les secteurs d’activité, ce qui signifie que l’amélioration générale ne se répercute pas au même rythme sur tous les acteurs économiques.
Ces indicateurs révèlent que les ménages marocains ont retrouvé une partie de leur équilibre financier, mais la hausse de l’endettement et la persistance des taux de défaut de paiement imposent un suivi attentif, d’autant plus qu’une part importante des dépenses est liée aux crédits immobiliers et à la consommation.



