La saison de Moulay Abdallah Amgar 2026… Une ville de 35 000 tentes et plus de 5 millions de visiteurs
Dans quelques jours, la fête de Moulay Abdallah Amgar deviendra l'un des plus grands rassemblements populaires du Maroc, avec des milliers de tentes qui s'étendent le long du littoral du Dakhla, et les familles, les cavaliers et les visiteurs affluent de toutes les régions, créant ainsi un véritable village éphémère autonome.
L’édition 2026 verra l’installation d’environ 35 000 tentes sur une longueur de près de sept kilomètres, tandis que la saison devrait attirer plus de cinq millions de visiteurs depuis son ouverture vendredi jusqu’au 14 août.
La saison ne se limite pas au divertissement, mais conserve sa fonction sociale et culturelle, en tant que rendez-vous annuel permettant aux familles de se retrouver, de renouer des liens et de préserver des coutumes transmises de génération en génération.
134 escadrons et 2 140 cavaliers et cavalières
Les spectacles de Tbourida constituent le cœur battant de la saison, tous les regards se tournant vers ce moteur des spectacles équestres traditionnels.
Selon Saïd Gaït, président de la Fédération régionale de l’art de la Tbourida, 134 escadrons, regroupant environ 2 140 cavaliers et cavalières, dont deux escadrons féminins, participent cette année.
Le responsable a qualifié cette participation d’inédite en termes de nombre de groupes et de cavaliers, confirmant une nouvelle fois la place qu’occupe la Tbourida au sein du patrimoine marocain.
Le programme comprend également des démonstrations de fauconnerie, dans le prolongement du lien entre cette saison et le patrimoine équestre et rural de la région de Doukkala.
Les défis organisationnels d’une ville éphémère
Accueillir des millions de visiteurs dans un espace qui se transforme temporairement en ville pose d’importants défis logistiques.
C’est pourquoi les manèges ont été aménagés et les conditions d’accueil des cavaliers et des spectateurs améliorées, tandis que les accès aux espaces de la Tbourida ont été réorganisés afin d’accueillir un public plus nombreux.
Abdeljabbar Belharsha, directeur de la société organisatrice, a précisé que cette édition fait l’objet d’une mobilisation particulière, comprenant le renforcement des services de santé, la mise à disposition d’équipes médicales et d’équipements dédiés aux interventions d’urgence.
La commune, en coordination avec ses partenaires, assure l’approvisionnement en eau et l’éclairage public, tout en renforçant la présence des forces de sécurité.
De même, l’emplacement de la grande scène musicale a été choisi à l’entrée principale du festival afin de faciliter la gestion des flux de visiteurs et de réduire la pression à l’intérieur de l’espace.
Une activité économique estimée à un milliard de dirhams
L’impact de la saison ne se limite pas aux aspects culturels et patrimoniaux, mais s’étend également à l’activité économique locale.
En effet, les restaurants, les cafés, les commerces et les différents services liés à l’hébergement des familles et des cavaliers connaissent un essor considérable tout au long de la manifestation.
Le président de la commune de Moulay Abdallah, El Mehdi El Fatmi, estime le volume d’activité économique généré par la saison à environ 100 milliards de centimes, soit l’équivalent d’un milliard de dirhams.
Ces chiffres reflètent l’importance de la saison en tant que levier temporaire pour l’économie locale, compte tenu du nombre important de visiteurs, de la durée de leur séjour et de l’étendue des campements.
La saison constitue également une vitrine touristique pour la région, selon Mohamed El Zahidi, président du Conseil régional de El Jadida, qui a souligné son rôle dans la promotion du tourisme et du commerce, ainsi que dans la préservation du patrimoine immatériel de la Doukkala.
De la louange aux arts populaires
La saison conserve également sa dimension religieuse et spirituelle, les cérémonies d’ouverture ayant été marquées par des louanges et une lecture collective du Coran.
Le programme religieux comprend des conférences animées par des oulémas et des chercheurs, ainsi que des concours de récitation du Coran destinés à différentes catégories.
À la tombée de la nuit, l’ambiance se transforme en festivités artistiques et musicales, avec la participation de plusieurs artistes, parmi lesquels Abdelaziz El Stati, Saïd Ould El Hawat, Saïd El Kharoubi, Adil El Mazkouri, Abdallah El Daoudi et les Oulad Bouazzaoui.
Des groupes d’Ahwash et d’Abidat al-Rama participent également à un programme alliant chanson populaire, arts traditionnels et expressions amazighes.
Bien plus que de simples spectacles équestres
Malgré son ampleur organisationnelle et le nombre croissant de ses visiteurs, la saison de Moulay Abdallah Amgar conserve son essence, fondée sur des rites sociaux et culturels transmis de génération en génération.
Le montage des tentes, l’accueil des proches, les soins apportés aux chevaux, l’intégration au sein de la troupe et la transmission des traditions de la Tbourida sont autant d’éléments qui font de cette saison un espace vivant du patrimoine et non un simple événement de divertissement.
Avec la participation de 134 chevauchées et de 2 140 cavaliers et cavalières, l’édition 2026 témoigne de l’ampleur prise par ce rendez-vous annuel, qui réunit en un seul et même lieu l’équitation, la spiritualité, les arts populaires et l’économie locale.



