Les plaques d’immatriculation au Maroc vont connaître un changement radical… « MA » et un nouveau système entreront en vigueur en janvier 2027

Les plaques d'immatriculation des voitures et des motos au Maroc s'apprêtent à entrer dans une nouvelle phase à compter de janvier 2027, suite à la publication d’un arrêté du ministre des Transports et de la Logistique, Abdel Samad Kayouh, au Journal officiel n° 7531 du 3 août 2026, qui prévoit la modification et le complément d’un certain nombre de règles régissant l’immatriculation des véhicules à moteur et des remorques.
Ce nouveau décret ne se limite pas à une simple mise à jour des procédures administratives, mais comporte également des changements visibles qui apparaîtront directement sur les plaques d’immatriculation des voitures et des motos, notamment l’adoption du code international « MA » propre au Maroc, ainsi que l’ajout de la lettre latine correspondant à la lettre arabe utilisée dans la série de numéros.
Le nouveau texte comprend également des règles spécifiques aux motocycles de petite cylindrée, aux tricycles légers à moteur et aux quadricycles légers à moteur, tant au niveau du système de numérotation que de la forme et des dimensions des plaques d’immatriculation.
« MA » et une lettre latine sur les nouvelles plaques d’immatriculation
Le changement le plus notable pour les conducteurs concerne la nouvelle forme des plaques d’immatriculation standard. La plaque conservera les éléments habituels du système d’immatriculation marocain, mais les présentera d’une manière nouvelle et plus claire.
La plaque sera composée du numéro d’ordre du véhicule, de la lettre arabe indiquant la série, ainsi que du numéro de la province ou de la région où l’immatriculation a été effectuée. Toutefois, la lettre arabe sera désormais accompagnée de son équivalent en caractères latins, avec l’ajout d’un quatrième élément : le code international du Maroc « MA ».
Le Journal officiel a défini avec précision les correspondances entre les lettres arabes et latines. Ainsi, la lettre « أ » correspond à « A », « ب » à « B », « د » à « D », «« هـ » correspond à « H », « و » à « E », « ط » à « T », « ي » à « Y », « ك » à « K », « ل » à « L », « م » correspond à « M », « ن » à « N », « ص » à « C », « ف » à « F », « ر » à « R » et « س » à « S ».
La décision a également fixé les dimensions des plaques d’immatriculation et l’emplacement de chaque élément sur celles-ci. En ce qui concerne les véhicules immatriculés dans la série ordinaire, la plaque à une ligne mesure 520 mm sur 110 mm, tandis que la plaque arrière à deux lignes mesure 300 mm sur 210 mm. Le code « MA » est également soumis à des normes spécifiques.
Les véhicules en circulation ne changeront pas leurs plaques d’immatriculation immédiatement
Malgré l’adoption du nouveau modèle, cela ne signifie pas que tous les véhicules actuellement présents au Maroc seront tenus de changer leurs plaques d’immatriculation dès le 1er janvier 2027.
En effet, le nouveau texte prévoit une période transitoire pour les véhicules actuellement immatriculés dans la série ordinaire : ceux-ci pourront continuer à utiliser leurs plaques actuelles jusqu’au premier transfert de propriété du véhicule.
Ainsi, le passage au nouveau modèle se fera progressivement pour le parc automobile en circulation, au lieu d’imposer un changement collectif et immédiat à tous les propriétaires.
La décision prévoit également un délai spécifique pour les véhicules marocains destinés à la circulation internationale, qui pourront conserver leurs plaques d'immatriculation actuelles, homologuées à cet effet, jusqu'au 31 décembre 2026.
Un système précis d’immatriculation des cyclomoteurs
La réforme concerne également les motocycles de petite cylindrée, les tricycles légers à moteur et les quadricycles légers à moteur, pour lesquels la décision établit un système détaillé d’immatriculation et définit la forme de leurs plaques d’immatriculation.
Le numéro d’immatriculation de ces véhicules sera composé de trois parties. La première partie correspond au numéro de la préfecture ou de la région dans laquelle le véhicule a été immatriculé ; la deuxième partie est constituée d’une série numérique allant de 1 à 99 ; quant à la troisième partie, elle représente le numéro d’ordre et peut aller jusqu’à 99 999. Une fois le dernier numéro atteint, une nouvelle série sera ouverte.
La décision a également défini la forme de la plaque d’immatriculation propre à cette catégorie de véhicules : elle sera composée de deux lignes, sur fond blanc en matériau réfléchissant, avec des chiffres noirs. Ses dimensions seront de 180 mm sur 200 mm.
Ces dispositions relatives aux motocycles de petite cylindrée et aux véhicules légers à moteur entreront en vigueur à compter du 1er janvier 2027.
Toutefois, une période transitoire a été prévue : les titres de propriété et les plaques d’immatriculation déjà délivrés pour ces catégories resteront valables. Elles seront remplacées lors de certaines démarches administratives, telles que la première cession du véhicule, la première demande d’obtention d’un duplicata du titre de propriété ou le remplacement de ce titre.
En ce qui concerne les véhicules neufs de ces catégories achetés au Maroc, la décision a prévu une période transitoire supplémentaire jusqu’au 31 décembre 2027, durant laquelle leurs propriétaires seront dispensés, lors de l’immatriculation, de présenter une copie de la fiche W18 comportant la mention relative à la vente de véhicules neufs au nom du concessionnaire vendeur.
Nouvelles règles relatives à la justification du lieu de résidence
La réforme ne s’est pas limitée aux plaques d’immatriculation et aux numéros, mais a également concerné le dossier administratif requis pour l’immatriculation des véhicules, en particulier les documents justifiant le lieu de résidence, élément qui détermine le service territorial compétent de l’Agence nationale de sécurité routière « Narsa », chargée de traiter la demande.
Pour les personnes physiques, la carte d’identité nationale électronique en cours de validité constitue un document essentiel pour justifier l’adresse, à condition que celle-ci relève de la circonscription territoriale concernée.
Si le véhicule appartient à plusieurs personnes, chaque copropriétaire doit fournir une copie de sa carte d’identité nationale, à condition qu’au moins l’une d’entre elles réside dans la circonscription territoriale de l’agence compétente.
Le texte précise également les documents requis pour les personnes morales, les associations, les coopératives, les militaires, les étrangers résidant au Maroc et les membres des missions diplomatiques.
Quant aux Marocains résidant à l’étranger, le dossier doit comporter, entre autres documents, une copie de la carte d’identité nationale électronique en cours de validité mentionnant une adresse à l’étranger, une attestation administrative certifiant l’adresse de résidence temporaire au Maroc, ainsi qu’une copie de la carte de séjour à l’étranger en cours de validité.
Des règles plus claires pour les véhicules importés
La décision porte également sur les véhicules neufs et d’occasion achetés à l’étranger. En ce qui concerne les véhicules d’occasion importés, le dossier doit comporter l’original du certificat d’immatriculation étranger, ainsi que le document attestant la propriété selon les cas prévus par le texte.
De même, le contrat de vente doit être signé par le vendeur dont le nom figure sur le certificat d’immatriculation étranger.
Le nouveau cadre prévoit également que le certificat de taxation doit être établi au nom du nouveau propriétaire, c’est-à-dire la personne au nom de laquelle le certificat d’immatriculation marocain sera délivré.
Les réformes ont porté sur d’autres cas, notamment le transfert de propriété, l’immatriculation d’un véhicule au nom d’un mineur, les véhicules de collection, les véhicules vendus aux enchères publiques, les opérations effectuées en vertu d’une procuration spéciale, ainsi que les demandes de renouvellement des titres de propriété ou d’obtention d’un duplicata de ceux-ci.
Cette décision s’inscrit également dans la tendance à la numérisation des procédures, puisqu’elle permet d’effectuer certaines démarches relatives au certificat d’immatriculation ou au titre de propriété, que ce soit pour un renouvellement ou une demande de duplicata, par voie électronique, conformément à la législation régissant l’échange électronique de données juridiques.
Ainsi, le 1er janvier 2027 marque une étape importante dans la réforme du système d’immatriculation des véhicules au Maroc, mais la transition ne se fera pas d’un seul coup. Les véhicules actuellement en circulation bénéficieront en effet de mesures transitoires leur permettant de conserver leurs plaques d'immatriculation actuelles jusqu'à la réalisation de certaines démarches administratives, ce qui rendra l'adoption du nouveau système progressive et ordonnée.



