La coopération militaire entre le Maroc et les États-Unis suscite des inquiétudes en Espagne… Les îles Canaries réclament des éclaircissements urgents

Le renforcement de la coopération militaire entre le Maroc et les États-Unis a suscité des réactions au sein d'une partie de la classe politique espagnole, notamment aux îles Canaries, à la suite d'évolutions liées au centre d'entraînement et d'expérimentation multidisciplinaire de Tan-Tan.
Cristina Valido, députée de la Coalition canarienne, a déposé mercredi une série de questions écrites à l’intention du ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, concernant la création du Centre africain de formation et d’expérimentation multidisciplinaire « AMTEC » à Tan-Tan, ainsi que le premier tir réel d’un missile de croisière depuis ce centre.
Mme Valido estime que ces développements suscitent « un sentiment croissant d’incertitude parmi les citoyens des îles Canaries quant à l’ampleur réelle de ces activités et à leurs répercussions potentielles sur la sécurité de la région ».
La députée appartient à la Coalition canarienne, un parti qui soutient le gouvernement central de Madrid, mais elle a demandé à savoir si les ministères des Affaires étrangères et de la Défense étaient au courant de ces manœuvres, et si ces informations avaient été communiquées au gouvernement des îles Canaries.
Mme Valido s’est également interrogée sur les mesures que le gouvernement espagnol compte prendre pour garantir que les activités du centre « AMTEC » n’affectent pas la sécurité de l’archipel.
Cette initiative constitue la première réaction politique officielle en Espagne demandant au gouvernement de Pedro Sánchez de fournir des éclaircissements devant le Parlement concernant les activités militaires menées à proximité des îles Canaries.
En avril dernier, le Maroc et les États-Unis avaient signé une feuille de route visant à prolonger leur coopération militaire jusqu’en 2036, une initiative qui témoigne de la solidité du partenariat de défense entre les deux pays.
Cette coopération s’est particulièrement renforcée après la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara marocain, à la fin du premier mandat de Donald Trump, ce qui a ouvert une nouvelle ère dans les relations militaires et stratégiques entre Rabat et Washington.
Les questions posées au sein du Parlement espagnol révèlent que le rapprochement militaire entre le Maroc et les États-Unis fait désormais l’objet d’un suivi attentif à Madrid, notamment lorsqu’il s’agit d’activités géographiquement proches des îles Canaries.



