Le Maroc prévoit une récolte record de dattes, estimée à 177 000 tonnes

La production de dattes au Maroc devrait atteindre un niveau record au cours de la campagne agricole 2026-2027, après avoir été estimée à environ 177 000 tonnes, soit une hausse de 11 % par rapport à la campagne précédente, selon ce qu’a rapporté le journal « L’Économiste » dans son édition du lundi 1er novembre.
Cette progression s’explique, en grande partie, par une nette amélioration des conditions météorologiques et par l’entrée en production progressive de nouvelles exploitations agricoles modernes.
Le salon d’Erfoud rassemble plus de 230 exposants
Dans ce contexte, la 15e édition du Salon international des dattes du Maroc s’est ouverte à Erfoud. Elle a été inaugurée par le ministre de l’Agriculture, de la Pêche et de la Sécurité alimentaire, Khalid El Hatiimi, en présence de responsables gouvernementaux et de professionnels du secteur.
Plus de 230 exposants venus des quatre coins du monde participent à ce salon, qui s’étend sur une superficie de près de 40 000 mètres carrés, et qui devrait accueillir plus de 100 000 visiteurs. Organisé sous le haut patronage royal, cet événement a pour thème l’innovation et le développement territorial intégré, avec un accent particulier sur les enjeux de la modernisation du secteur et de la gestion des ressources en eau.
Une valeur ajoutée supérieure à 3 milliards de dirhams par an
Cet événement met en évidence l’importance économique de la palme dattier dans le pays, la valeur ajoutée annuelle du secteur dépassant en effet les 3 milliards de dirhams, avec plus de 3,4 millions de journées de travail. Il assure jusqu’à 60 % des revenus des ménages ruraux et fait vivre près de deux millions de personnes.
La région de Drâa-Tafilalet reste au cœur de cette activité, puisqu’elle contribue à hauteur de 83 % de la production nationale, grâce à 56 000 hectares d’oasis et 6,49 millions de palmiers, et à des exportations qui ont dépassé les 1 500 tonnes en 2026.
Des programmes d’investissement d’une valeur de 1,14 milliard de dirhams
En marge du salon, des visites d’inspection ont permis d’évaluer l’avancement de grands programmes d’une valeur totale avoisinant 1,14 milliard de dirhams, parmi lesquels les travaux de recherche menés par l’Institut national de recherche agricole pour lutter contre la maladie du bioud, ainsi que l’aménagement hydraulique agricole de l’oued Ziz et de la plaine du Tafilalet au profit de 114 800 habitants, et le projet « Progidom », financé en partie par la Banque mondiale, visant à renforcer la gestion durable des oasis d’Oufous et d’Aka.
L’effort d’intensification porte également sur la modernisation des oasis traditionnelles de la région, avec une enveloppe financière de 792 millions de dirhams à l’horizon 2030, visant à distribuer 2,6 millions de plants sélectionnés en laboratoire aux agriculteurs, un objectif réalisé à 35 % après la distribution de plus de 917 000 plants.
L’eau et le climat au cœur des défis
Toutefois, la transformation de ces volumes records en gains durables de compétitivité nécessite de relever des défis structurels. Lors de discussions avec la Fédération interprofessionnelle des dattes, les responsables et les professionnels ont insisté sur la nécessité de préserver les ressources en eau et d’améliorer les circuits de valorisation, face à l’aggravation du stress hydrique et aux répercussions du changement climatique, considérant cela comme une condition indispensable à la pérennité du renouveau des régions oasiennes.



