Économie et affaires

La Méditerranée marocaine : Les stocks de poissons ont chuté de plus de 30 % depuis 2017

De nouvelles données scientifiques font état d’une situation alarmante pour les stocks de poissons le long de la côte marocaine de la mer Méditerranée, les prises de pêche ayant considérablement diminué ces dernières années, sous la pression croissante de la surexploitation et des pratiques de pêche non durables, ainsi que de l’impact grandissant du changement climatique, qui menace les équilibres écologiques marins et pèse sur les moyens de subsistance des pêcheurs.

Cette mise en garde fait partie des résultats d’une étude scientifique présentée vendredi à Al Hoceima, dans le cadre d’un séminaire organisé par l’Association Azir pour la protection de l’environnement, qui conclut que les indicateurs des ressources halieutiques en Méditerranée marocaine se dirigent vers une situation dangereuse, avec des déséquilibres persistants liés à la gestion, au suivi et au respect des cycles biologiques des espèces marines.

Sur la base de données officielles et de recherches sur le terrain


L’étude, supervisée par le chercheur Zakaria Kabaa, spécialiste de l’environnement et du développement durable, a adopté une méthodologie combinant recherche de terrain et recherche documentaire. Elle s’est appuyée sur des données officielles, des analyses statistiques de l’évolution de la production halieutique, ainsi que sur des entretiens avec des professionnels et des experts dans plusieurs ports de la côte méditerranéenne, permettant une lecture composite qui allie chiffres et évaluation de la réalité du secteur sur le terrain.

Baisse significative de la pêche côtière et artisanale


L’un des résultats les plus notables de l’étude est la nette diminution de la production de la pêche côtière et artisanale par rapport à 2017, les résultats indiquant une baisse de plus de 30 % au cours des dernières années. Selon le chercheur, ce déclin reflète la pression croissante sur les ressources marines et est lié à de multiples facteurs, notamment la surexploitation de certaines espèces, le non-respect des périodes de repos biologique et des saisons, en particulier pour les poissons pélagiques, et l’impact du changement climatique, qui a commencé à affecter la distribution et la reproduction des espèces.

Les espèces essentielles sont en déclin et les zones de pêche se rétrécissent


L’étude a également mis en évidence le déclin du statut des espèces qui constituent un pilier de l’industrie de la pêche dans la région, en particulier les sardines, le poulpe et l’espadon. Les zones de pêche historiquement connues pour l’abondance de ces espèces se réduisent, ce qui a un impact direct sur les pêcheurs artisanaux qui dépendent de ces ressources, même s’ils utilisent des techniques moins nocives pour l’environnement que d’autres formes de pêche.

Pêche non réglementée et faible application de la réglementation


Parmi les points préoccupants figurent la persistance de la pêche non réglementée et la faible application des lois et des mécanismes réglementaires existants. Elle appelle au renforcement de la surveillance maritime et à la réduction des infractions, au respect des cycles biologiques des espèces et à la protection des stocks contre l’épuisement, tout en mettant en garde contre la dégradation des écosystèmes marins sensibles et la propagation d’espèces invasives susceptibles d’aggraver la menace qui pèse sur la biodiversité en Méditerranée.

Extension de la recherche de Saïdia à Tanger


L’étude est le résultat de deux années de travail sur le terrain le long de la côte méditerranéenne marocaine, de Saïdia à Tanger, a déclaré Zakaria Koubaa à la MAP. Il a ajouté qu’elle comprenait l’analyse des documents, des lois et des accords internationaux relatifs à la pêche ratifiés par le Maroc, ainsi que l’évaluation de la performance des institutions impliquées dans le secteur. Selon ses conclusions, les captures de poissons ont diminué de plus de 35% entre 2017 et 2023, soulignant la nécessité d’interventions et de solutions urgentes à développer en coordination avec les organismes officiels et scientifiques.

Une approche participative et des recommandations à venir


Pour sa part, Mohamed Andalusi, président de l’association Azir, a déclaré que l’étude révèle les obstacles structurels auxquels est confronté le secteur de la pêche en Méditerranée. Il a ajouté que sa valeur ne réside pas seulement dans les chiffres, mais aussi dans les conclusions qu’elle fournit sur la base de discussions approfondies avec les acteurs du secteur, ce qui permet une compréhension plus précise des défis quotidiens auxquels sont confrontés les professionnels.

L’association a indiqué son intention d’utiliser les résultats de l’étude pour formuler des recommandations à soumettre aux organes scientifiques et administratifs compétents, dans le but d’augmenter la productivité sans endommager les stocks, en renforçant le contrôle, en luttant contre la pêche illégale, en soutenant la recherche scientifique et en adoptant une mesure participative qui concilie la protection de l’environnement et la durabilité de l’activité économique des communautés de pêcheurs.

Karim Boukhris

بوقريس كريم صحفي متخصص في كرة القدم، ويملك خبرة تمتد لسبع سنوات في مجال الصحافة الرياضية المغربية. تعاون مع وسائل إعلام مثل "لو ماتان سبور"، "أطلس فوت" و"راديو ماروك سبور"، وينشر تحليلات تكتيكية وتقارير معمقة حول كرة القدم المغربية، مع تركيز خاص على المنتخبات الوطنية.

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