Les services de renseignement espagnols suscitent la polémique… Madrid était au courant avant l’afflux de milliers de migrants à Ceuta

Selon des informations espagnoles, le Centre national de renseignement espagnol avait alerté le ministère de l'Intérieur, plusieurs semaines avant la vague de traversées massives vers Ceuta, de l'arrivée potentielle d'un grand nombre de migrants en provenance du Maroc.
Selon des informations relayées par les médias espagnols, les événements récents ont fait au moins 94 morts, tandis que plus de 50 000 personnes ont réussi à franchir la frontière en direction de la ville occupée.
La radio « Cadena Ser » a indiqué, en citant des sources proches des services de sécurité de l’État, que les services de renseignement avaient adressé « de nombreuses alertes » au ministère dirigé par Fernando Grande-Marlaska, sans toutefois parvenir à déterminer la date exacte de cette tentative de franchissement massive.
Ces mêmes sources indiquent qu’une décision rendue par la Cour suprême le 8 juillet a marqué un tournant dans cette affaire, après avoir stipulé que les migrants arrivant à nage à Ceuta et Melilla ne pouvaient pas être renvoyés immédiatement.
Selon ces sources, cette décision a eu un effet d’« appel » et a ouvert une « faille administrative » dont les réseaux de traite des êtres humains ont tiré parti pour organiser des opérations de passage à grande échelle vers ces deux villes.
Ces sources accusent le ministère espagnol de l’Intérieur de ne pas avoir pris suffisamment au sérieux les avertissements qui lui avaient été transmis, soulignant la faiblesse des moyens et le manque d’équipements de sécurité aux frontières de Ceuta pour faire face à une situation de cette ampleur.
Une certaine tension règne également au sein du Centre national de renseignement, suite aux déclarations du ministre de l’Intérieur, qui a affirmé que son ministère n’avait reçu aucune information préalable concernant la vague de passages qui a débuté le 30 juillet.
Selon ces mêmes sources, le ministère chercherait à faire porter la responsabilité de ce qui s’est passé aux services de renseignement, afin d’éviter les critiques liées aux défaillances constatées dans la gestion de la sécurité aux frontières.
Ces éléments accentuent la pression sur le gouvernement espagnol, dans un contexte de polémique politique et sécuritaire croissante concernant la manière de gérer la plus grande vague de passages que Sebta ait connue ces derniers temps.



