Liban : Nouveaux raids israéliens sur Beyrouth et incursion terrestre au sud pour la quatrième journée

Israël a lancé de nouvelles attaques sur le Liban jeudi, poursuivant ses frappes aériennes pour le quatrième jour consécutif, en même temps que l’incursion de ses forces dans un certain nombre de villes frontalières du sud du pays, dans un développement qui reflète l’expansion de la guerre régionale et sa répercussion directe sur l’arène libanaise.
Des images capturées par l’AFP montrent une épaisse colonne de fumée s’élevant au-dessus de Beyrouth à l’aube jeudi, à la suite d’une frappe aérienne sur la banlieue sud de la capitale, bastion du Hezbollah, soutenu par l’Iran. Le parti avait auparavant demandé aux habitants d’évacuer la zone, avertissant qu’il se préparait à frapper des cibles qui, selon lui, étaient liées à l’objectif.
Décès dans le nord et sur la route de l’aéroport
Un drone israélien a tué un haut responsable du Hamas et son épouse dans un camp de réfugiés palestiniens dans le nord du Liban. Il s’agit du premier incident de ce type impliquant un dirigeant du Hamas depuis le début de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, a rapporté l’Agence nationale de presse libanaise (NNA). Parallèlement, les autorités libanaises ont annoncé que trois autres personnes avaient été tuées dans des frappes visant deux voitures sur l’autoroute menant à l’aéroport de Beyrouth.
Dans le sud du pays, l’agence de presse nationale a rapporté que trois personnes avaient été tuées lors d’une attaque de drone sur une voiture, sans préciser l’identité de l’auteur de l’attaque.
Le Liban est entré dans la danse lundi, après que le Hezbollah a mené sa première attaque contre Israël, déclarant vouloir « venger » l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei.
Affrontements et escalade mutuelle
Les affrontements entre Israël et le Hezbollah se sont accélérés mercredi. L’armée israélienne a annoncé dans la soirée avoir bombardé de multiples positions du Hezbollah dans le sud du Liban, en particulier dans les zones situées au sud du fleuve Litani, une zone qu’elle avait appelé les habitants à quitter plus tôt dans la journée.
Dans un discours diffusé sur la chaîne de télévision du parti, son premier depuis le début de l’attaque américano-israélienne contre l’Iran samedi, Naim Qassem a déclaré que le parti ferait face à « l’agression israélo-américaine » et ne se rendrait pas.
Le Hezbollah a revendiqué mercredi au moins 23 attaques contre Israël, dont une attaque de drone visant l’industrie aérospatiale israélienne dans le centre du pays, dans ce qui a été décrit comme la première à frapper une zone éloignée de la frontière. Il a également annoncé avoir visé une base militaire avec un missile de précision.
Sur la ligne de l’incursion terrestre, le Hezbollah a déclaré pour la première fois que des affrontements « directs » avaient eu lieu avec les soldats israéliens qui sont entrés dans la ville de Khiam, à environ six kilomètres de la frontière avec Israël.
Dans un communiqué militaire, l’armée israélienne a annoncé avoir mené une « nouvelle vague de frappes » et démantelé des infrastructures du Hezbollah dans diverses régions du Liban, notant que parmi les cibles se trouvaient « plusieurs sites de lancement de roquettes situés au sud du fleuve Litani », y compris une installation de production de drones.
L’accord 2024 et les avertissements internationaux
En vertu de l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, seuls les casques bleus de l’ONU et l’armée libanaise sont autorisés à porter des armes au sud du fleuve Litani. Israël était censé retirer complètement ses forces, mais il a maintenu une présence militaire dans des endroits qu’il considère comme stratégiques et a continué à mener des frappes aériennes régulières, invoquant le refus du Hezbollah de désarmer.
Le président français Emmanuel Macron s’est entretenu mercredi avec le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, appelant à « préserver l’intégrité territoriale du Liban et à s’abstenir d’une offensive terrestre ».



