Le gouvernement marocain présente son programme : un renforcement des aides sociales et des retraites à hauteur de 3 000 dirhams

La cheffe du gouvernement marocain, Fatima Al-Zahra Al-Mansouri, s’est engagée à doubler le montant de l’aide sociale directe pour le porter à 1 000 dirhams d’ici la fin du mandat du gouvernement, et de relever progressivement le montant minimum des principales pensions à 3 000 dirhams par mois dans les différents régimes de retraite.
Ces annonces ont été faites lundi lors de la présentation du programme gouvernemental devant le Parlement. Mme Mansouri a établi un lien entre la lutte contre la cherté de la vie et des mesures visant à améliorer les revenus des ménages, à limiter les causes de la hausse des prix, à élargir le champ de la protection sociale et à améliorer la qualité des services publics.
Plans visant à sécuriser l’approvisionnement du marché et à soutenir la facture d’électricité
En ce qui concerne les denrées alimentaires, le gouvernement entend adopter des mesures visant à garantir l’approvisionnement du marché en produits stratégiques, ainsi qu’à créer, au niveau des régions, des entreprises et des plateformes professionnelles chargées de la collecte et de la commercialisation des produits selon un cahier des charges unifié, ce qui permettra de réduire la distance entre le producteur et le consommateur. Elle s’attachera également à réorganiser les circuits de commercialisation de la viande et de la volaille, grâce à des règles claires et stables régissant le rapport entre les exportations et la satisfaction des besoins du marché national.
Parmi les autres mesures annoncées figure l’adoption d’une aide sociale automatique au profit des familles éligibles, d’un montant équivalent à la facture mensuelle d’électricité ne dépassant pas 100 dirhams, à condition qu’il s’agisse de la résidence principale, et sans qu’il soit nécessaire de déposer des demandes sur papier ou de se rendre dans les administrations. Le gouvernement lancera également une réforme progressive de l’impôt sur le revenu afin d’améliorer les salaires nets et d’encourager la déclaration d’activité.
Réforme des retraites et droits des veuves
Dans le domaine de la protection sociale, Mme Mansouri s’est engagée à accélérer la mise en œuvre des chantiers royaux visant à garantir une couverture sanitaire universelle et efficace et à préserver la viabilité de l’assurance maladie obligatoire. Le gouvernement réorientera les aides sociales en fonction du revenu réel des ménages, tout en augmentant leur montant et en renforçant leur rôle dans l’intégration sociale, parallèlement à l’élargissement du cercle des bénéficiaires des indemnités de chômage.
La cheffe du gouvernement a précisé que la réforme des régimes de retraite serait globale, dans le cadre d’un dialogue avec les partenaires sociaux et économiques, soulignant qu’elle ne devait pas se limiter au relèvement de l’âge de la retraite ni à la modification des taux de cotisation et du mode de calcul des pensions.
Cette réforme vise à mettre en place un système plus cohérent permettant d’étendre la protection aux personnes qui ne bénéficient pas d’une pension, et de réduire les disparités entre les régimes en termes de droits et d’obligations, tout en garantissant des pensions suffisantes et la pérennité de leur financement dans le cadre d’une transition équitable préservant les droits acquis.
Mme Mansouri a souligné que la réforme des retraites s’appuiera sur un processus social et structurel intégré, fondé sur le dialogue social, et soumis à des objectifs et à des étapes de mise en œuvre précis, soutenus par des financements clairs. Elle a estimé que l’évaluation de l’efficacité des régimes de retraite ne devait pas se limiter à la régularité du versement des pensions, mais devait également porter sur leur adéquation pour garantir une vie digne aux retraités.
Dans ce contexte, la veuve bénéficiera d’une pension équivalente à 100 % de la pension principale due à son conjoint décédé, au lieu du taux actuellement en vigueur fixé à 50 %, tout en garantissant les droits des orphelins et des autres bénéficiaires.
Priorité aux services de santé
Dans le secteur de la santé, Mme Mansouri a souligné que la priorité consistait à passer de la garantie du droit à la couverture sanitaire à la fourniture de services concrets, équitables et durables, répondant aux exigences de qualité. À cette fin, le gouvernement s’attachera à remédier aux disparités régionales en matière d’offre de soins, à organiser le parcours de soins, à améliorer l’accueil des patients et à développer les services d’urgence, tout en généralisant l’aide médicale d’urgence et en mettant en place un système d’information sanitaire national unifié.
Le programme prévoit également de mener à bien la réforme institutionnelle du secteur, de se pencher sur la fonction publique de santé et de renforcer les ressources humaines, ce qui contribuera à améliorer la qualité des services fournis aux citoyens.



