Une vague de chaleur étouffante met le Maroc en état d’alerte… Le ministère de la Santé met en œuvre un plan national d’urgence

Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a renforcé son niveau de préparation pour faire face aux conséquences sanitaires liées aux vagues de chaleur que connaît actuellement le Royaume, et ce, en mettant en œuvre le dispositif sanitaire national dédié aux vagues de chaleur, qui restera en vigueur jusqu’à la fin du mois de septembre prochain.
Selon les informations disponibles, le ministère a adressé une circulaire à ses services décentralisés, les invitant à élaborer des plans régionaux visant à faire face aux effets des vagues de chaleur et à prévenir leurs complications, tout en mettant en œuvre les mesures prévues par le dispositif national adopté en la matière.
Dans le cadre de la surveillance épidémiologique, un suivi quotidien des cas médicaux susceptibles d’être liés à la hausse des températures a été mis en place, dans le but de détecter rapidement toute évolution sanitaire inhabituelle et d’intervenir en temps opportun.
Dans un communiqué, le ministère a appelé les citoyens à « faire preuve d’une prudence et d’une vigilance accrues, et à respecter les consignes sanitaires permettant de prévenir les complications liées à la hausse des températures, en particulier chez les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, aux personnes souffrant de maladies chroniques, ainsi qu’aux personnes qui travaillent ou pratiquent des activités physiques en plein air ou sous le soleil ».
Cette mobilisation sanitaire intervient dans le contexte d’une vague de chaleur qui touche plusieurs régions du Royaume, les données actualisées de la Direction générale de la météorologie indiquant que les températures élevées persisteront du jeudi au dimanche, avec des valeurs comprises entre 41 et 46 degrés Celsius dans plusieurs régions.
Cette vague concerne les provinces de Kénitra, Taounate, Meknès, Fès, Moulay Yacoub, Khemisset, Sidi Qasim, Sidi Slimane, Khouribga, Al-Faqih Ben Saleh, Settat, Youssoufia, Rehamna, Kalaat Sraghna, Chichaoua, Marrakech, Taroudant, Zagora, Tata, Assa-Zag, Boujdour, Smara, Ousserd et Oued Eddahab.
Plans régionaux de lutte contre la canicule
Elham Bachis, directrice par intérim des hôpitaux et des soins ambulatoires au ministère de la Santé et de la Protection sociale, a affirmé que le dispositif national de santé relatif aux vagues de chaleur constituait un plan national reposant sur plusieurs axes fondamentaux.
Mme Paches a précisé que ce plan repose avant tout sur « l’élaboration des plans régionaux et la garantie d’une coordination tant au niveau local avec l’ensemble des établissements de santé à tous les niveaux qu’avec les institutions, les autorités locales, les collectivités territoriales et la protection civile ».
Elle a ajouté qu’un autre axe concernait la garantie de la continuité des services de santé au sein des établissements de santé, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ainsi que le renforcement des ressources humaines et la mise à disposition d’espaces climatisés, ainsi que de systèmes de refroidissement et de ventilation en bon état de fonctionnement.
La responsable sanitaire a également souligné l’importance de la prise en charge des urgences, notamment en renforçant les capacités des services d’aide médicale d’urgence et en fournissant les moyens d’exploitation nécessaires, au premier rang desquels le carburant pour les moyens de transport.
Elle a également souligné la nécessité de renforcer la préparation des ressources humaines chargées de gérer les cas potentiels, que ce soit au niveau des centres de contrôle et des centres d’appel, ou au sein des services de réanimation et de transport médical d’urgence.
Mme Paches a également évoqué le renforcement des stocks de médicaments, de vaccins et d’oxygène dans les hôpitaux, d’autant plus que les vagues de chaleur pourraient entraîner une hausse de la demande pour certaines de ces ressources, notamment lors de la prise en charge de cas liés à l’intoxication ou au coup de chaleur.
Surveillance épidémiologique et suivi quotidien
Pour sa part, Jawad Al-Qabil, médecin spécialiste en épidémiologie et cadre au sein du service de surveillance épidémiologique de la Direction de l’épidémiologie et de la lutte contre les maladies, que le système national intégré de gestion des conséquences sanitaires des vagues de chaleur est mis en œuvre chaque été, de début juin à fin septembre.
M. Al-Qabil a déclaré que ce dispositif « repose sur deux axes principaux ; le premier concerne la prévention, la sensibilisation et la garantie de la préparation des établissements de santé à prendre en charge les cas, en particulier ceux présentant un risque élevé », tandis que le deuxième axe est lié à la surveillance épidémiologique.
Il a précisé que la surveillance épidémiologique, dans ce contexte, consiste à suivre les indicateurs sanitaires liés à la hausse des températures et aux vagues de chaleur, dans le but de détecter précocement les cas et de garantir une intervention en temps opportun, afin d’éviter toute situation sanitaire grave.
Selon M. Al-Qabil, le système de surveillance repose sur deux mécanismes fondamentaux. Le premier consiste à assurer un suivi quotidien et hebdomadaire des cas de maladie liés à la hausse des températures au sein de tous les établissements de santé, qu’ils soient publics ou privés.
Quant au deuxième mécanisme, il s’agit d’un système de surveillance épidémiologique basé sur les événements, c’est-à-dire le suivi de tout incident sanitaire inhabituel au sein de la population, et la détection précoce des cas qui y sont liés, en étroite collaboration avec les autorités locales.
M. Al-Qabil a souligné que tout incident sanitaire lié à la hausse des températures et aux vagues de chaleur est immédiatement signalé au ministère de la Santé, afin que les mesures appropriées puissent être prises rapidement.
Il a également indiqué que le ministère suivait également les informations diffusées par les sources ouvertes, y compris les différents types de médias, dans le cadre du renforcement de la vigilance sanitaire et du suivi de toute évolution éventuelle.
Ces mesures soulignent que les vagues de chaleur ne constituent plus un simple phénomène climatique passager, mais sont désormais un enjeu sanitaire qui nécessite une préparation préalable, une coordination entre les institutions et une large sensibilisation de la population afin de protéger les populations les plus vulnérables.



