Les réserves des barrages marocains dépassent les 8 milliards de mètres cubes avec une nette amélioration des taux de remplissage

Les stocks d’eau dans les barrages marocains continuent à augmenter de manière significative, le volume d’eau stocké au 19 janvier 2026 atteignant 8,017 milliards de mètres cubes, avec un taux de remplissage estimé à 47,8%. Cette évolution est due au remplissage d’un certain nombre de barrages d’importance stratégique, reflet direct de la pluviométrie importante qu’ont connue les différents bassins hydrauliques au cours des dernières semaines.
Un bond par rapport à l’année dernière et une sortie officielle de la sécheresse
La courbe des ressources en eau au cours de l’année écoulée reflète une amélioration significative ; au cours de la même période en 2025, la quantité stockée était beaucoup plus faible. Les chiffres actuels montrent une augmentation de 69,7 %, soit 3,29 milliards de mètres cubes supplémentaires, principalement en raison des fortes pluies qui ont recouvert de vastes zones du pays. Le Maroc est officiellement sorti d’une sécheresse de sept ans, a annoncé lundi à Rabat le ministre de l’Equipement et de l’Eau Nizar Baraka devant la Chambre des représentants, soulignant que les pluies et la neige de ces derniers mois ont sensiblement amélioré les taux de remplissage des barrages.
Locos et Sebou en tête
Le bassin du Loukous a enregistré l’un des niveaux de remplissage les plus élevés, atteignant 64,2 %, soit l’équivalent de 1,227 milliard de mètres cubes. Plusieurs barrages du bassin ont atteint leur capacité maximale, notamment ceux de Wadi Makhazine, Cherif Idrissi, Chefchaouen, Nakhla et Ibn Battuta, reflétant une situation hydrique relativement confortable dans le nord.
Le bassin de Sibou, le plus grand bassin hydrographique du Royaume, contient à lui seul 3,157 milliards de mètres cubes avec un taux de remplissage de 56,8%. Les barrages de Bouhouda, Bab Louta et Alal El Fassi ont atteint leur capacité maximale, tandis que le stock du barrage de Wahda dépasse 2,1 milliards de mètres cubes, ce qui renforce la marge de sécurité hydrique au niveau national.
Bouregregreg et Tansift à des niveaux élevés
Le réservoir de Bouregregreg est presque plein, à 95,1 %, ce qui équivaut à 1 029 millions de mètres cubes. Le barrage de Sidi Mohamed Ben Abdallah, pivot de l’alimentation en eau de l’axe Rabat-Casablanca, est également proche de sa pleine capacité.
Dans le bassin de Tensift, les réserves s’élèvent à 171 millions de mètres cubes à 75,2 %. Le barrage Moulay Abdallah est entièrement rempli, tandis que d’autres ouvrages du bassin tels que Abou Abbas Sebti et Yacoub El Mansour enregistrent des niveaux favorables.
Améliorations à Girzez Reis et Draa Wadi Noon
Les bassins du Jarziz Reis et du Draa Wadi Noun, qui étaient parmi les plus touchés par le stress hydrique, ont connu une amélioration. Dans le Jarziz Reis, le stock a atteint 308 millions de mètres cubes (57,3 %), principalement grâce à la performance du barrage Hassan Dakhil. L’oued Drâa Noun était rempli à 30,5 %, soit 320 millions de mètres cubes, un niveau encore moyen mais bien meilleur que celui de l’année dernière.
Reprise progressive à Umm al-Rabieh et Malawiya
Dans le bassin d’Umm El Rabie, les réserves ont atteint 1 146 millions de mètres cubes avec un taux de remplissage de seulement 23,1 %. Bien que certains barrages secondaires soient pleins, les grands ouvrages sont encore en dessous de leur capacité. Le bassin de Mellouya contient 272 millions de mètres cubes avec un taux de remplissage de 37,9 %, avec des variations entre des barrages entièrement remplis comme Wadi Zaa et des barrages moins remplis.
Souss Massa est stabilisé
Le bassin de Souss Massa a enregistré 379,9 millions de mètres cubes avec un taux de remplissage de 51,9 %. Les réservoirs tels que Ouluz et Moulay Abdallah ont été entièrement remplis, soutenant les ressources d’irrigation et l’approvisionnement en eau potable dans le bassin.
Bien que le dépassement du seuil de 8 milliards de mètres cubes soit un indicateur positif, la persistance des différences entre les bassins souligne que cette amélioration est liée à la régularité des précipitations et à la bonne gestion des ressources, surtout dans un contexte climatique caractérisé par de nettes fluctuations.



