Économie et affaires

« AKAPS » renforce les critères d’intégrité et de compétence applicables aux dirigeants des compagnies d’assurance

L’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) a renforcé ses mesures visant à vérifier l’intégrité et la compétence des dirigeants des compagnies d’assurance et de réassurance au Maroc, ces sociétés étant désormais tenues de fournir chaque année, avant le 31 janvier prochain, des extraits du casier judiciaire des responsables concernés, datant de moins de trois mois, accompagnés de déclarations sur l’honneur.

Une note de rappel récemment publiée par l’Autorité, relative à la directive réglementaire n° P.IN.02/2021 relative au système de gouvernance au sein des entreprises d’assurance et de réassurance, que les membres des conseils d’administration et de surveillance, ainsi que les dirigeants et les responsables des fonctions clés, sont soumis à des conditions de compétence professionnelle, d’intégrité et d’expérience, les entreprises étant tenues de mettre en place des procédures internes pour évaluer leur conformité à ces critères avant leur nomination et tout au long de l’exercice de leurs fonctions.

Conformément à l’article 15 de cette circulaire, les compagnies d’assurance transmettent des extraits du casier judiciaire ou des documents équivalents concernant les membres des conseils d’administration et de surveillance, leurs présidents, les membres de la direction générale et les responsables des fonctions clés, accompagnées de déclarations sur l’honneur attestant que les personnes concernées n’ont pas fait l’objet de sanctions ou de condamnations prévues à l’article 227 du Code des assurances, ainsi que de documents attestant l’existence d’autres sanctions, le cas échéant.

L’Autorité ne s’est pas limitée à l’aspect pénal, mais a étendu la vérification aux qualifications académiques, à l’expérience professionnelle et à la capacité du responsable à assumer les attributions qui lui sont confiées, tout en obligeant les entreprises à adopter des procédures d’évaluation de la compétence et de l’intégrité des titulaires des postes clés, et à s’assurer que les membres des conseils d’administration disposent, collectivement, des connaissances et de l’expertise nécessaires pour comprendre les activités de l’entreprise et les risques qui y sont liés.

La directive oblige également les entreprises du secteur à notifier préalablement à l’Autorité toute nouvelle nomination concernant le président du conseil d’administration, le président du conseil de surveillance, le directeur général, les directeurs généraux délégués ou les membres de la direction collective, en joignant à cette notification des extraits du casier judiciaire et des CV détaillés, afin que l’autorité de contrôle puisse prendre connaissance du parcours professionnel de la personne concernée et de sa situation juridique avant sa prise de fonction.

L’Autorité a exigé d’être informée sans délai de toute décision mettant fin aux fonctions de l’un des responsables concernés par ces procédures, avec indication des motifs, et de l’informer de tout changement concernant les responsables occupant des fonctions clés, afin de garantir un suivi continu des nominations et des mutations au sein des organes d’administration et de gestion.

En matière d’éthique, les entreprises sont désormais tenues de disposer de chartes écrites de déontologie professionnelle comprenant des règles permettant de détecter et de gérer les cas potentiels de conflits d’intérêts, notamment lorsque le dirigeant ou le membre du conseil d’administration se trouve dans une situation susceptible d’affecter l’indépendance de ses décisions ou dans laquelle ses intérêts personnels entrent en conflit avec ceux de l’entreprise ou des assurés. La directive prévoit également une politique écrite en matière de rémunérations et d’indemnités qui tienne compte des intérêts à long terme de l’entreprise et assure un équilibre entre les risques et les récompenses, de manière à limiter l’incitation à la prise de risques excessifs, sous réserve de l’approbation des organes de direction ou de contrôle compétents.

L’Autorité a invité les entreprises soumises à sa surveillance à créer des comités d’audit au sein des conseils d’administration ou de surveillance, ainsi que d’autres comités spécialisés si nécessaire, en définissant leurs attributions et leurs règles de fonctionnement et en garantissant la compétence de leurs membres.

Renforcement du contrôle interne et de la gestion des risques

Les dispositions ont établi la responsabilité des conseils d’administration et de surveillance quant à la supervision effective des systèmes de contrôle interne et de gestion des risques, par le biais du suivi du respect des procédures, de la détection des anomalies et de la mise en œuvre de mesures correctives, tout en obligeant la direction générale à élaborer un manuel de contrôle interne définissant les responsabilités, les niveaux d’intervention et les mécanismes de vérification de la régularité des opérations, et soumis à une révision périodique.

L’ACAPS a approuvé la création de quatre fonctions clés au sein des compagnies d’assurance et de réassurance, à savoir l’audit interne, la gestion des risques, la fonction actuarielle et la vérification de la conformité, tout en garantissant leur indépendance, en leur fournissant les ressources humaines et techniques nécessaires, et en interdisant l’attribution de missions supplémentaires susceptibles de porter atteinte à cette indépendance ou de créer un conflit d’intérêts. Les responsables de ces fonctions sont habilités à rendre compte directement aux conseils d’administration ou aux organes de contrôle des anomalies et des risques constatés, notamment ceux susceptibles d’affecter de manière substantielle la solidité de l’entreprise ou de dépasser les limites de risque acceptables, la direction étant tenue de donner suite aux observations et recommandations.

La directive impose l’élaboration d’un rapport annuel d’audit interne reprenant les résultats des contrôles, les recommandations et les mesures correctives proposées, qui doit être présenté au conseil d’administration ou à l’organe de contrôle et dont une copie doit être transmise aux commissaires aux comptes au plus tard le 31 mars de l’année suivante.

Ces mesures prévoient que les systèmes d’information et les plans de continuité des activités soient soumis à un audit externe indépendant au moins une fois tous les trois ans, afin de vérifier la capacité des entreprises à faire face aux perturbations techniques et aux risques opérationnels et à garantir la continuité des services, notamment en matière de protection des données et de sécurité des opérations liées à la gestion des contrats d’assurance et des indemnités.

L’Autorité a également imposé une évaluation interne annuelle des risques et de la solvabilité, avec notification des résultats et de toute évolution importante, ainsi que l’élaboration de politiques écrites relatives à la gestion des risques de souscription, à la constitution de provisions, aux placements financiers, à la liquidité et à la réassurance, de manière à concilier les décisions administratives et financières avec la capacité de la société à honorer ses engagements envers les assurés.

La surveillance s’est étendue aux opérations de traitement et à l’externalisation d’activités à des prestataires de services tiers, en exigeant que ces opérations n’affaiblissent pas le système de gouvernance ni n’entravent l’exercice des compétences de l’Autorité, tout en exigeant qu’elle soit informée au préalable de toute délégation de fonctions et d’activités opérationnelles importantes à des tiers, et en réglementant les relations et les transactions avec les filiales, notamment en ce qui concerne les conflits d’intérêts et les risques partagés.

Ces obligations s’inscrivent dans un dispositif réglementaire pour lequel l’Autorité a défini un calendrier de mise en œuvre entre 2021 et 2023, en fonction de la nature de chaque obligation, afin de constituer un cadre de référence pour le contrôle de la bonne gestion au sein des compagnies d’assurance et de réassurance, et de renforcer la responsabilité des conseils d’administration et des dirigeants quant au respect des conditions d’intégrité, de compétence et de contrôle interne dans un secteur dont l’activité est liée à la gestion des engagements financiers envers les assurés et les bénéficiaires des contrats d’assurance.

كريم بوخريص

بوقريس كريم صحفي متخصص في كرة القدم، ويملك خبرة تمتد لسبع سنوات في مجال الصحافة الرياضية المغربية. تعاون مع وسائل إعلام مثل "لو ماتان سبور"، "أطلس فوت" و"راديو ماروك سبور"، وينشر تحليلات تكتيكية وتقارير معمقة حول كرة القدم المغربية، مع تركيز خاص على المنتخبات الوطنية.

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