Les prix des légumes au Maroc risquent de connaître une nouvelle hausse en raison d’une baisse des approvisionnements

Les prix d'un certain nombre de légumes de base au Maroc devraient continuer à augmenter dans les prochains jours, en raison de la baisse des quantités disponibles sur les marchés, liée à des facteurs climatiques et à la période de transition entre les saisons agricoles, selon des professionnels du secteur.
Parmi les produits les plus exposés à une hausse des prix figurent les tomates, les pommes de terre et les poivrons, des légumes très consommés sur le marché local, ce qui fait que toute baisse des volumes d’approvisionnement se répercute rapidement sur les prix.
Mohamed El Zamarani, qui préside une association marocaine d’exportateurs, a expliqué que les inondations qui ont touché la région de l’Ouest ont affecté certaines cultures, parallèlement à la baisse des quantités de légumes disponibles sur les principaux marchés, dont le marché d’Inezgane, qui compte parmi les principaux centres de distribution de produits agricoles du pays.
M. Al-Zamarani a souligné que les exportations de tomates et de pommes de terre vers les marchés africains restaient à l’arrêt, malgré la persistance des pressions sur les prix au sein du marché national.
Un déficit saisonnier qui pèse sur l’offre
De son côté, Abdelrazak Chabi, président de l’Association des commerçants du marché de gros des fruits et légumes de Casablanca, a expliqué que la baisse de l’offre pendant cette période n’est pas tout à fait exceptionnelle, puisqu’elle se produit généralement entre mi-juillet et mi-septembre.
Ce phénomène est lié à la fin de la saison agricole dans la région de Souss, qui constitue l'une des principales zones de production maraîchère du Maroc, avant que d'autres régions de production n'entrent progressivement en activité pour répondre à la demande du marché.
Les produits provenant des zones agricoles environnantes de Casablanca contribuent à combler une partie du déficit, mais ils ne peuvent pas, selon les professionnels, satisfaire l’intégralité de la demande pendant cette phase de transition.
Cette baisse de l’offre, si elle coïncide avec une demande qui se maintient à des niveaux élevés, entraîne une pression à la hausse sur les prix dans les marchés de gros, avant que cet effet ne se répercute sur les marchés de détail.
Appels à une régulation des exportations en fonction des besoins du marché
Dans ces circonstances, M. Chabi a appelé à l’adoption de quotas d’exportation tenant compte du niveau de production et des besoins du marché local, afin d’éviter toute pénurie importante susceptible d’entraîner de nouvelles hausses de prix.
Quant à Zemmourani, il a appelé à restreindre les exportations de certaines variétés de légumes lorsque leurs prix enregistrent des hausses significatives sur le marché national, jusqu’à ce que l’équilibre entre l’offre et la demande soit rétabli.
Ces appels s’inscrivent dans le cadre d’un débat renouvelé sur la manière de concilier les intérêts des exportateurs et le maintien de la stabilité des prix pour le consommateur marocain, notamment lorsque les exportations coïncident avec un recul saisonnier ou exceptionnel de la production.
Les fruits conservent une relative stabilité
En revanche, la situation des fruits semble plus stable sur le marché de Casablanca, M. Chabi ayant confirmé que l’approvisionnement restait régulier malgré la fin de saison approchante pour certaines variétés estivales.
Cela s’explique par l’arrivée de nouvelles variétés saisonnières sur les marchés, parallèlement au retrait des fruits d’été, ce qui contribue à maintenir un niveau d’offre relativement équilibré.
L’évolution des prix des légumes au cours des prochains jours restera essentiellement liée à la rapidité avec laquelle l’approvisionnement reviendra à des niveaux normaux, au degré de rétablissement des régions touchées par les aléas climatiques, ainsi qu’au volume des quantités disponibles dans les principales zones de production et de distribution.



