Une étape décisive qui rapproche la mise en service de la ligne Marrakech-Agadir-Essaouira

Les projets de ligne ferroviaire à grande vitesse reliant Marrakech à Agadir, et de la ligne reliant Chichaoua à Essaouira, sont entrés dans une nouvelle phase après l’annonce officielle de l’utilité publique liée à leur réalisation, ce qui ouvre la voie au lancement des démarches administratives et foncières nécessaires avant de passer aux phases de mise en œuvre.
Cette décision a été entérinée par le décret n° 2.26.605, pris le 1er septembre 2026 et publié au Journal officiel n° 7541 du 7 septembre.
Le décret prévoit la réalisation des deux lignes sur les territoires relevant des régions de Marrakech-Safi et de Souss-Massa, selon le tracé défini dans les plans de localisation à l’échelle 1/50 000 joints à l’original du décret.
La déclaration d’utilité publique permettra d’engager les différentes procédures relatives aux biens immobiliers et aux terrains que traversera le futur tracé ferroviaire, conformément aux dispositions de la loi n° 7.81 relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique et à l’occupation temporaire.
Le projet Marrakech-Agadir, d’un coût avoisinant les 55 milliards de dirhams
Cette avancée intervient plusieurs mois après que le ministre des Transports et de la Logistique, Abdel Samad Kayouh, a présenté de nouvelles informations sur l’avancement du projet de liaison ferroviaire entre Marrakech et Agadir.
Le ministre avait précisé devant la Chambre des représentants, le 25 mai dernier, que les études relatives à cette ligne étaient achevées, indiquant que le coût estimé du projet s’élevait à environ 55 milliards de dirhams.
Il a également indiqué que le ministère des Transports et de la Logistique et l’Office national des chemins de fer s’efforçaient de mobiliser des partenaires internationaux pour contribuer au financement et à la réalisation du projet, compte tenu de son ampleur et des défis techniques liés à son tracé.
La traversée du Grand Atlas constitue l’un des principaux défis auxquels le projet est confronté, les données fournies indiquant qu’environ 70 % des ouvrages prévus sur l’axe Marrakech-Agadir seront des ponts et des tunnels.
Ce pourcentage reflète l’ampleur des complexités techniques que présente le projet, notamment compte tenu du relief montagneux que traverse la ligne et des infrastructures spécifiques que cela nécessite pour garantir la sécurité et la continuité de la liaison ferroviaire.
Extension du réseau de trains à grande vitesse
Le projet Marrakech-Agadir devrait constituer un prolongement du réseau national de trains à grande vitesse, qui connaît lui-même une extension en direction de la ville de Marrakech.
Les travaux de la ligne à grande vitesse Kenitra-Marrakech ont débuté en avril 2025, dans le cadre d’un programme national de développement du secteur ferroviaire d’un montant total d’environ 96 milliards de dirhams.
Selon les données de l’Office national des chemins de fer, environ 53 milliards de dirhams de ce programme ont été alloués aux infrastructures et aux équipements liés à la ligne Kénitra-Marrakech.
Abdessamad Kayouh avait révélé, lors de cette même intervention parlementaire, que l'avancement des travaux de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech s'élevait à près de 30 %, sa mise en service étant prévue pour septembre 2029.
Toutefois, ce calendrier ne concerne que l’axe Kenitra-Marrakech et n’inclut pas le projet Marrakech-Agadir, dont la date officielle de mise en service ou d’achèvement des travaux n’a pas encore été annoncée.
La publication du décret d’utilité publique représente, en revanche, une étape essentielle dans le processus administratif du projet, car elle permet de passer au traitement des dossiers fonciers liés au tracé des deux lignes vers Agadir et Essaouira, en vue de mener à bien les autres étapes nécessaires à leur réalisation.



