520 000 candidats se présentent aux épreuves du baccalauréat par crainte de la canicule
Quelque 520 000 candidats se préparent à passer les épreuves du baccalauréat 2026, qui débutent le jeudi 4 juin, selon les données du ministère de l’éducation nationale.
Ce nombre comprend environ 420 000 élèves, en plus de 100 000 candidats libres, soit une augmentation d’environ 25 000 candidats par rapport à l’année dernière.
Les examens se déroulent dans un climat caractérisé par des températures élevées dans plusieurs régions du Royaume, ce qui soulève des inquiétudes quant aux conditions d’examen et à l’impact de la chaleur sur la concentration et les performances des candidats.
Le Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, a mis en garde contre ce qu’il a décrit comme une « double peine pour la santé et l’éducation » résultant de la coïncidence des examens avec les vagues de chaleur.
Il a expliqué que les températures élevées peuvent affecter directement les capacités mentales des étudiants, car le cerveau est occupé à réguler la température du corps et à se débarrasser de l’excès de chaleur, ce qui peut réduire la mémoire de travail, la concentration et la vitesse de traitement de l’information.
Il a ajouté que les nuits chaudes, lorsque les températures dépassent certains seuils, peuvent entraîner l’accumulation d’une « dette de sommeil », qui nuit à la capacité d’un étudiant à retrouver de l’énergie entre les examens.
Les risques potentiels pour la santé sont la déshydratation, les maux de tête, l’hypotension et, dans les cas extrêmes, le coup de chaleur, qui est une urgence médicale.
Sur le plan organisationnel, le spécialiste a souligné que les vagues de chaleur peuvent poser un problème lié à l’égalité des chances, car les conditions pour passer l’examen varient d’une région à l’autre, en fonction de la localisation des établissements d’enseignement et de la qualité de leur infrastructure et de leur équipement.
Recommandations en matière d’atténuation de la chaleur
Le Dr El Tayeb Hamdi a proposé une série de mesures visant à minimiser les effets sanitaires et cognitifs des températures élevées pendant la période d’examen.
Dans l’immédiat, il a souligné la nécessité de fournir de l’eau dans les centres d’examen, d’adopter des méthodes de refroidissement telles que les nébuliseurs et de fournir des trousses de premiers secours en cas d’urgence sanitaire.
Il a également recommandé de gérer la chaleur à l’intérieur des halls en bloquant les rayons du soleil des fenêtres pendant la journée, en ventilant les halls tôt le matin ou pendant les périodes moins chaudes, et en utilisant des ventilateurs de manière réfléchie.
Il a expliqué que les ventilateurs ne sont efficaces que lorsque la température à l’intérieur de la pièce est inférieure à 35 degrés Celsius, et que si elle dépasse ce niveau, ils deviennent moins utiles et peuvent même augmenter la sensation de stress thermique.
Il a également demandé que l’on prête attention aux conditions de confort à l’intérieur des maisons, en fournissant un environnement qui aide les candidats à dormir et à récupérer entre les épreuves, afin de minimiser l’impact de la fatigue due à la chaleur sur les performances.
A long terme, Hamdi a appelé à intégrer la question de la chaleur dans les politiques publiques liées à l’éducation, non seulement pour les examens du baccalauréat, mais aussi pour tous les examens, concours et périodes d’étude qui coïncident avec les vagues de chaleur.
Dans ce contexte, il a suggéré de moderniser l’infrastructure des établissements d’enseignement pour assurer un meilleur « confort d’été » en isolant les toits, en installant des écrans solaires et en agrandissant les espaces verts dans le périmètre des établissements pour aider à réduire la chaleur.
Il a également appelé à revoir le calendrier scolaire et à l’adapter aux changements climatiques en adoptant une plus grande flexibilité dans les dates d’examen et la possibilité de fixer des dates régionales qui tiennent compte des spécificités de chaque région.



