Le Maroc recommence à importer du blé… La récolte nationale prend les minoteries au dépourvu et les stocks sont sous pression

Le Maroc s'apprête à reprendre ses importations de blé à compter du 16 septembre, les meuniers n'ayant pu se procurer qu'environ 6 millions de quintaux de la récolte locale, une quantité bien insuffisante pour répondre aux besoins nationaux en matière de mouture.
Cette décision intervient dans un contexte de baisse des quantités collectées issues de la production nationale, malgré une saison agricole favorable, un certain nombre d’agriculteurs ayant préféré conserver une partie de leur récolte plutôt que de la vendre aux professionnels du stockage.
Omar El Yaakoubi, président de la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses, a souligné que le retour aux importations était devenu nécessaire pour reconstituer les stocks stratégiques de blé, compte tenu des quantités limitées issues de la production locale qui ont atteint le marché.
Le Maroc avait en effet suspendu les importations de blé tendre en juin dernier, afin de donner la priorité à la récolte nationale. Les autorités avaient également maintenu un droit de douane de 170 % jusqu’à la fin du mois d’août, afin de soutenir les producteurs locaux et de protéger le marché intérieur.
De son côté, Abdelkader Alaoui, président de la Fédération nationale des meuniers, a précisé que les quantités récoltées à ce jour, estimées à environ 6 millions de quintaux, ne représentent qu’entre 10 et 12 % des besoins annuels des minoteries, qui avoisinent les 50 millions de quintaux.
« Nous ne pouvons pas attendre », a déclaré M. Al-Alawi, soulignant que les stocks utilisés depuis juin commençaient à s’épuiser et que les minoteries auraient besoin de se procurer environ 44 millions de quintaux supplémentaires, les importations devant couvrir la majeure partie de ce déficit.
Le bilan actuel reste bien en deçà des prévisions initiales, les professionnels tablant sur une récolte comprise entre 15 et 20 millions de quintaux pour l’année 2026, mais les résultats se sont avérés inférieurs aux besoins réels du marché.
M. Yaakoubi a précisé que le blé reste disponible en quantités importantes sur les marchés internationaux, mais que le coût du fret reste le principal facteur de préoccupation, notamment dans le contexte des troubles géopolitiques persistants qui affectent le transport maritime et les tarifs de fret.
Le même interlocuteur a estimé que le blé importé arriverait dans les ports marocains à un prix supérieur à 270 dirhams le quintal, un niveau susceptible de se répercuter sur les calculs des professionnels en matière d’approvisionnement pour la période à venir.
Entre la faiblesse de la récolte locale, la baisse des stocks et la hausse du coût des importations, le secteur céréalier se trouve confronté à une phase délicate, qui exige un équilibre délicat entre la protection des agriculteurs et la garantie d’un approvisionnement suffisant des minoteries pour répondre aux besoins du marché national.



