L’augmentation du prix du kérosène remet la sécurité énergétique à l’ordre du jour du Parlement européen

La question de la sécurité énergétique est revenue au premier plan du débat parlementaire, suite à la forte hausse des prix du kérosène et à son impact direct sur le secteur de l’aviation, notamment après la décision de Royal Air Maroc de suspendre temporairement un certain nombre de vols vers des destinations intérieures et extérieures.
La commission des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement de la Chambre des représentants a confirmé que l’évolution des prix du kérosène nécessitait la présence de Leila Benali, ministre de la transition énergétique et du développement durable, à la réunion qui était prévue à la mi-avril avant d’être reportée.
« La question est toujours débattue et la réunion est toujours prévue », a déclaré Ibrahim Abba, chef de la commission, expliquant que « la ministre Benali, lors de ses différentes interventions récentes à l’extérieur et à l’intérieur du Parlement, a présenté des données relatives au sujet qui devait être discuté, à savoir les répercussions de la tension armée au Moyen-Orient sur la souveraineté et la sécurité énergétiques du Royaume ».
Ajouté : « Aujourd’hui, avec l’évolution du kérosène, des données adéquates sur les stocks et les mesures doivent être fournies.
Vols suspendus en raison du coût de l’exploitation
Royal Air Maroc a annoncé que la hausse exceptionnelle des coûts d’exploitation a gravement affecté le secteur aérien mondial, ce qui l’a amené à suspendre temporairement un certain nombre de vols.
Cette décision concerne les vols de Casablanca vers Bangui, Brazzaville, Kinshasa, Douala, Yaoundé et Libreville, ainsi que la suspension des vols sur les lignes Tanger-Malaga et Tanger-Barcelone, ainsi que certains vols de Marrakech vers Lyon, Bordeaux, Marseille et Bruxelles.
Selon le responsable de la commission parlementaire, cette situation est liée aux tensions militaires et géopolitiques au Moyen-Orient et aux perturbations qui en résultent sur les marchés de l’énergie et des carburants.
« La question est principalement liée à la tension militaire au Moyen-Orient et aux problèmes géopolitiques qui l’accompagnent, ce qui est bien connu », a déclaré M. Abba.
« Mais avec des répercussions telles que celles annoncées par Air Maroc et l’impact sur la navigation aérienne, la question reste posée : Qu’a fait ou que devrait faire l’Etat dans cette situation instable ? »
Demande de données précises sur les stocks et les mesures
Le président de la commission des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement a souligné la nécessité d’informer le Parlement sur les détails de la situation énergétique, notamment en ce qui concerne les stocks et les mesures prises pour protéger les secteurs stratégiques.
Il a ajouté : « Dans le cadre de son rôle constitutionnel et de contrôle, la commission devrait être informée de tous les détails ; l’État a en pratique alloué un ensemble de mesures pour maintenir la stabilité des prix, et la commission devrait connaître leurs effets dans tous les domaines, afin de ne pas nuire à une entreprise stratégique comme Laram, et de protéger les intérêts marocains en général.
L’orateur a expliqué que le kérosène et les produits pétroliers en général restent des questions qui doivent être débattues en permanence, car elles sont liées à des développements internationaux volatiles et sont susceptibles d’être mises à jour en permanence.
Il demande également si le sujet est sensible pour le gouvernement lorsqu’il présente les données pertinentes à la législature.
Réunion reportée et nouvelle correspondance après l’Aïd
M. Abba a indiqué que la commission réactiverait la demande de réunion après les vacances de l’Aïd, par le biais d’une communication écrite adressée au secteur gouvernemental concerné.
Il a ajouté : « En tout état de cause, nous reprendrons notre rôle après l’Aïd et nous rappellerons au ministre Benali la nécessité de programmer la réunion reportée, et nous le ferons cette fois par écrit.
« Une fois les vacances terminées, une communication écrite sera envoyée au secteur gouvernemental, sous la supervision de la présidence de l’office parlementaire », a-t-il déclaré, notant que le ministère de la transition énergétique avait initialement demandé un report, étant entendu qu’une date ultérieure serait fixée.
Le chef de la commission a déclaré que la tenue de cette réunion reste nécessaire avant la fin de la législature, compte tenu de l’importance du dossier et de son lien avec la sécurité énergétique nationale et les secteurs vitaux.
Multiples demandes parlementaires sur les hydrocarbures
La commission des infrastructures de la Chambre des représentants a reçu une demande conjointe des équipes de la majorité et des constitutionnalistes sociaux-démocrates pour discuter des « répercussions du conflit militaire au Moyen-Orient sur les prix des carburants sur le marché national ».
L’équipe de l’opposition socialiste-fédérale a également présenté deux demandes, la première sur « les augmentations successives des carburants et leur impact sur le pouvoir d’achat des Marocains, notamment à la lumière de l’existence d’une réserve de 60 jours », et la seconde sur « les mécanismes de suivi et de régulation du marché national des carburants à la lumière des défis géopolitiques actuels ».
Dans le même contexte, d’autres équipes parlementaires ont soumis des demandes relatives à la hausse des prix des carburants, à ses répercussions économiques et sociales, et aux mécanismes d’intervention publique pour en minimiser les effets.
Le groupe parlementaire « Justice et développement » a également soulevé la question des « effets possibles des récents développements géopolitiques liés à l’escalade militaire au Moyen-Orient sur la sécurité énergétique nationale et les prix des carburants dans notre pays ».
La multiplicité de ces demandes parlementaires reflète l’ampleur des préoccupations politiques et économiques concernant l’impact des perturbations énergétiques sur le marché national, compte tenu notamment du lien entre les prix des carburants et les secteurs vitaux, y compris les transports aériens et terrestres et le pouvoir d’achat des citoyens.



