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Panneaux solaires flottants Un nouveau pari marocain pour protéger l’eau et produire de l’électricité

Le Maroc envisage d’adopter des panneaux solaires flottants sur les toits des barrages, afin de combiner la production d’énergie propre et la réduction des pertes d’eau dues à l’évaporation. Cette initiative intervient à un moment où il est de plus en plus nécessaire de trouver des solutions pratiques pour faire face au stress hydrique et à la demande croissante d’électricité.

Une étude récente portant sur 58 barrages dans le Royaume a révélé que ce type de projet peut présenter un double avantage, en alimentant le réseau national en électricité propre et en contribuant à conserver d’importantes quantités d’eau dans les réservoirs.

La superficie totale des réservoirs des barrages marocains est d’environ 433 kilomètres carrés, tandis que ces barrages perdent environ 909 millions de mètres cubes d’eau par an en raison de l’évaporation. Il s’agit d’une quantité importante compte tenu des problèmes d’eau auxquels le Maroc a été confronté ces dernières années.

L’idée des panneaux solaires flottants est d’installer des modules photovoltaïques sur des plateformes qui flottent à la surface de l’eau. Les panneaux bloquent une partie des rayons du soleil, ce qui ralentit le processus d’évaporation, tout en produisant de l’électricité qui peut être connectée au réseau.

Selon l’étude, il suffirait de couvrir 1 % des toits des barrages pour contribuer de manière significative à la production d’électricité, avec un potentiel de rentabilité financière relativement rapide. Cette technologie ne nécessite pas de grandes surfaces, ce qui la rend adaptée aux pays qui souhaitent développer la production d’énergie solaire sans affecter les terres agricoles ou urbaines.

La conception des panneaux et l’angle auquel ils sont installés jouent un rôle important dans la production et la stabilité. Les résultats montrent que les meilleures performances sont obtenues lorsque les panneaux sont inclinés à environ 31 degrés, tandis que des angles plus faibles, autour de 11 degrés, constituent également une option efficace, notamment en termes de minimisation de l’évaporation et d’amélioration de la stabilité des structures flottantes.

Le Maroc a déjà commencé à tester cette technologie dans le cadre de projets pilotes, notamment une centrale solaire flottante à Sidi Slimane et le projet de barrage d’Oued Rammel, près de Tanger, qui devrait contribuer à répondre à une partie des besoins énergétiques du port méditerranéen de Tanger.

Cela fait partie de l’ambition du Maroc d’augmenter la part des énergies renouvelables à 52 % du mix électrique d’ici 2030. Le pays bénéficie également d’un atout naturel important avec plus de 3 000 heures d’ensoleillement par an, ce qui renforce les opportunités de développement de l’énergie solaire sous différentes formes.

Les panneaux solaires flottants sont montés sur des structures résistantes, souvent en plastique solide, et fixés par des câbles spéciaux ou des ancres pour maintenir leur position au-dessus de la surface de l’eau. Après avoir produit de l’électricité, l’énergie est transférée à terre par des câbles sous-marins, puis convertie et injectée dans le réseau électrique.

La technologie évolue rapidement au niveau mondial. Les panneaux les plus récents sont capables de capter la lumière du soleil des deux côtés, y compris la lumière réfléchie par la surface de l’eau. D’autres systèmes se déplacent progressivement pour suivre la direction du soleil au cours de la journée, afin de maximiser la quantité d’électricité produite.

Les panneaux solaires flottants peuvent être combinés avec des barrages hydroélectriques. Pendant la journée, les panneaux produisent de l’électricité et contribuent à la conservation de l’eau, tandis que le barrage peut produire de l’électricité la nuit ou pendant les périodes de faible rayonnement solaire. Ce modèle offre une plus grande flexibilité dans la sécurisation de l’approvisionnement en électricité.

Toutefois, cette technologie se heurte à certains obstacles. Les centrales solaires flottantes sont plus coûteuses à construire que les centrales terrestres traditionnelles et nécessitent un entretien minutieux en raison de l’humidité, de la corrosion et de la prolifération des algues. Le fait de couvrir de très grandes surfaces de barrages peut affecter les plantes et les organismes aquatiques.

C’est pourquoi le Maroc adopte une approche prudente basée sur l’exploitation de parties limitées de la surface des barrages, permettant un équilibre entre la production d’énergie, la protection des ressources en eau et la minimisation des impacts environnementaux.

L’énergie solaire flottante fait l’objet d’une attention croissante dans le monde entier. La Chine est en tête avec environ 40 % de la capacité mondiale, avec des projets majeurs tels que le projet Dongying HG14, d’une capacité de 1 000 MW.

L’Inde renforce également sa présence dans le secteur avec des mégaprojets tels que la centrale d’Omkareshwar (600 MW), ainsi que des installations existantes telles que Ramagundam (145 MW) et Kayamkulam (101 MW).

La Corée du Sud travaille sur le projet Saemangeum de 1 200 MW, ainsi que sur des projets plus petits tels que la centrale du barrage d’Imha. L’Indonésie possède la centrale flottante Serata de 192 MW, tandis que la Thaïlande exploite une centrale de 45 MW au barrage Sirindhorn et développe d’autres projets hybrides.

À Singapour, la centrale solaire de Tengah Reservoir s’étend sur une surface équivalente à 45 terrains de football et contribue à alimenter les installations de traitement des eaux. En Europe, la France a mis en place le projet Les Ile Blandins de 74 MW sur une ancienne carrière, tandis que les Pays-Bas développent des systèmes similaires sur des lacs artificiels.

Pour le Maroc, les panneaux solaires flottants pourraient devenir un outil important dans la gestion de l’énergie et de l’eau, surtout si les projets pilotes s’avèrent efficaces. Ils fournissent de l’électricité propre, minimisent les pertes d’eau et donnent aux barrages une fonction supplémentaire dans le cadre de la transition énergétique nationale.

Karim Boukhris

بوقريس كريم صحفي متخصص في كرة القدم، ويملك خبرة تمتد لسبع سنوات في مجال الصحافة الرياضية المغربية. تعاون مع وسائل إعلام مثل "لو ماتان سبور"، "أطلس فوت" و"راديو ماروك سبور"، وينشر تحليلات تكتيكية وتقارير معمقة حول كرة القدم المغربية، مع تركيز خاص على المنتخبات الوطنية.

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