Une alimentation saine devient un luxe… Un tiers de la population mondiale n’a pas les moyens de se la permettre

Un rapport publié par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (la FAO) a révélé qu’environ 2,69 milliards de personnes dans le monde, soit près d’un tiers de la population mondiale, ne peuvent pas se permettre une alimentation saine, dans un contexte de hausse constante des prix des aliments à haute valeur nutritionnelle.
L’économiste en chef de l’organisation, Máximo Torero Colín, a expliqué, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue au siège des Nations Unies, que le coût mondial d’une alimentation saine avait augmenté de 25 % en cinq ans.
D’après les données qu’il a fournies, le coût de ce système s’élevait à 4,28 dollars par personne et par jour, selon la parité de pouvoir d’achat.
Au cours de sa présentation, il a mis en avant les principales conclusions du rapport « État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2026 », M. Colin a souligné que le problème n’était plus uniquement lié à la disponibilité des calories, mais qu’il concernait désormais essentiellement la capacité des populations à accéder à des aliments riches en nutriments essentiels.
Le rapport souligne que les fruits et légumes, bien qu’ils ne fournissent qu’environ 5 % des apports caloriques nécessaires, représentent à eux seuls près de 60 % du coût d’une alimentation saine.
Quant aux aliments d’origine animale, ils représentent quant à eux environ 30 % de ce coût, ce qui rend l’accès à une alimentation équilibrée plus difficile pour les personnes à faibles revenus.
Selon la « FAO », entre 70 et 75 % du coût d’une alimentation saine est imputable aux étapes postérieures à la production agricole, notamment le stockage, le transport, la transformation, les chaînes du froid et les marchés de gros.
Pour faire face à cette situation, l’organisation a appelé à renforcer les investissements dans les infrastructures rurales, à développer les chaînes de valeur locales et à améliorer les systèmes logistiques, ces mesures étant de nature à faire baisser les prix des denrées alimentaires et à les rendre plus accessibles.
L’organisation a également recommandé de réorienter les politiques de soutien à l’agriculture vers les produits à haute valeur nutritionnelle, plutôt que de se concentrer uniquement sur les volumes de production ou les cultures de base.
Le rapport a également souligné l’importance de la coordination entre les secteurs de l’agriculture, de la santé, du commerce et de la protection sociale, afin de lutter contre la faim et la malnutrition, et de limiter la propagation de l’obésité, qui ne cesse de s’aggraver dans de nombreuses régions du monde.
Ces données montrent que la sécurité alimentaire ne se mesure plus uniquement à l’abondance de la nourriture, mais aussi à la capacité des personnes à avoir accès à une alimentation saine et équilibrée qui les protège des maladies et leur garantit une vie meilleure.



