Une chaleur meurtrière dans les champs italiens… Le décès d’un ouvrier marocain lors de la récolte des pastèques émeut Mantoue

Un ouvrier agricole marocain a trouvé la mort hier dans la commune de Borgocarbonara, dans la province de Mantoue, au nord de l’Italie, alors qu’il participait à la récolte de pastèques, les premières hypothèses laissant supposer que la vague de chaleur intense serait à l’origine de son malaise soudain.
Il s’agit d’un ouvrier âgé de 55 ans, identifié comme étant Taher Haddad, de nationalité marocaine. Il est décédé dans l’après-midi du même jour, alors qu’il travaillait dans l’un des champs de la région.
Les forces de gendarmerie italiennes relevant de la brigade de Gonzaga poursuivent leur enquête sur cet accident, en coordination avec les experts de l’organisme chargé de la prévention et de la sécurité au travail, afin de déterminer les circonstances exactes du décès, et de déterminer si les conditions de travail et les températures élevées ont joué un rôle direct dans cette tragédie.
Cet accident a suscité une vive indignation au sein des milieux syndicaux locaux, la Confédération générale italienne du travail (CGIL) ayant estimé que la situation dans la région de Mantoue s’apparentait désormais à un « véritable massacre », en référence à la multiplication récente des accidents liés au travail agricole.
Le syndicat a fait état du décès de trois ouvriers, dont l’un est décédé alors qu’il se rendait sur son lieu de travail, ainsi que d’un autre ouvrier qui est tombé dans le coma après avoir souffert d’un coup de chaleur.
Michele Oresi, secrétaire général du syndicat de Mantoue, a déclaré : « Les travailleurs continuent de mourir dans les champs comme c’était le cas il y a cent ans, dans une indifférence qui ressemble fort à celle qui régnait à cette époque. »
Le responsable syndical a souligné que ces faits ne peuvent être considérés comme des incidents isolés, mais qu’ils reflètent un dysfonctionnement structurel résultant à la fois de la précarité des conditions de sécurité au travail, des effets du changement climatique et de l’exploitation de la main-d’œuvre dans le secteur agricole.
M. Orizi a ajouté : « La province de Mantoue compte encore des poches d’esclavage agricole : un travailleur sur trois est victime d’exploitation. Le phénomène du travail illégal, connu sous le nom de « capororato », ne se limite pas à des régions telles que la Calabre, les Pouilles ou la Campanie ; il est également présent en Lombardie, bien que celle-ci soit considérée comme le moteur de l’économie italienne. »
Le responsable syndical a souligné que les mesures administratives visant à limiter le travail pendant les heures les plus chaudes n’ont pas donné les résultats escomptés, « en raison d’un manque de contrôle, notamment dans les secteurs où l’on constate encore des infractions et des abus ».
Le décès de cet ouvrier marocain relance le débat en Italie sur les conditions de travail des ouvriers agricoles, en particulier celles des migrants qui travaillent dans des conditions difficiles, alors que les températures grimpent et que les inquiétudes grandissent quant à l’absence de protection suffisante dans les champs.
Cet incident met également en évidence la nécessité pour les autorités italiennes de renforcer la surveillance des conditions de travail dans le secteur agricole et de veiller au respect des règles de sécurité, en particulier lors des vagues de chaleur, qui sont désormais plus intenses et ont des répercussions plus importantes sur la santé des travailleurs.



