Artemis 2 entre dans sa phase critique Les astronautes se préparent à voler autour de la lune

La mission Artemis 2 entre dans sa phase la plus importante, alors que ses quatre astronautes se préparent à voler autour de la lune lundi, le premier vol habité de ce type depuis 1972. Cet événement revêt une dimension historique supplémentaire, car c’est la première fois qu’une femme et un astronaute noir participent à une mission lunaire humaine.
Plus de quatre jours après leur décollage de Floride, les trois astronautes de la NASA, Christina Cook, Victor Glover et Reid Wiseman, ainsi que leur compatriote canadien Jeremy Hansen, sont en vue de la lune, à l’une des étapes les plus importantes de la mission.
À 04h42 GMT lundi matin, l’équipage est entré dans ce que l’on appelle la zone d’influence lunaire, le point où la gravité de la Lune devient plus forte que celle de la Terre, ce qui signifie que l’engin a effectivement entamé la dernière partie de sa trajectoire vers l’orbite de l’astre céleste.
Bien que la mission ne comprenne pas d’alunissage, elle reste une étape historique, surtout si on la compare aux missions Apollo envoyées entre 1968 et 1972, qui étaient réservées à des hommes américains de race blanche, principalement issus de l’armée.
Dans l’histoire de l’exploration spatiale, aucun astronaute russe ou chinois n’a pu s’éloigner de plus de 400 kilomètres de la Terre, ce qui correspond à peu près à la distance à laquelle les stations spatiales sont en orbite autour de la Terre. L’exploration de près de la Lune a jusqu’à présent été l’apanage de véhicules sans pilote et de sondes spatiales.
La lune remplit la fenêtre d’Orion
Pendant sept heures d’affilée, à partir de 18 h 45 GMT, la lune occupera toute la fenêtre du vaisseau spatial Orion, dans un spectacle extraordinaire que le monde entier attend. Selon Noah Petro, responsable du laboratoire de géologie planétaire de la NASA, la lune apparaîtra aux astronautes de la taille « d’un ballon de basket tenu à bout de bras ».
Les quatre membres de l’équipage ont suivi une préparation intensive de plus de deux ans, notamment pour identifier et décrire avec précision les formations géologiques de la lune aux scientifiques au sol, en mettant l’accent sur les couleurs brunes et beiges de sa surface.
Leurs descriptions verbales, leurs observations et les images prises par les trois appareils photo Nikon à bord permettront d’élargir les connaissances scientifiques sur la structure géologique et l’histoire naturelle de la Lune.
Retransmission en direct et moments émouvants
La NASA parie également que ce moment ravivera l’intérêt du public pour l’exploration spatiale et diffusera l’événement en direct sur un certain nombre de plateformes, dont Netflix et YouTube, à l’exception d’une période de 40 minutes pendant laquelle les communications seront interrompues en raison du blocage des signaux par la lune.
Kelsey Young, responsable scientifique de la mission, a déclaré lors d’une conférence de presse tenue ce week-end que le fait d’entendre l’équipage décrire directement la surface lunaire « donnera la chair de poule à tout le monde ».
Bien que les pionniers du programme Apollo aient déjà vécu cette expérience il y a plus de cinquante ans, la plupart des gens ont aujourd’hui l’impression que c’est la première fois qu’ils la vivent. Derek Bouzazi, professeur d’astronomie et d’astrophysique à l’université de Chicago, a expliqué que la plupart des générations actuelles n’étaient même pas nées lorsque les vols ont eu lieu, ce qui confère à cet événement un caractère exceptionnel.
Un nouveau record dans l’espace
Outre le symbolisme du survol de la Lune, la mission Artemis 2 devrait permettre d’établir un nouveau record, puisque ses astronautes s’éloigneront le plus loin possible de la Terre, soit 406 000 kilomètres, dépassant ainsi le précédent record établi lors de la mission Apollo 13.
Cette percée marque une nouvelle étape dans le cheminement de la NASA vers le retour de l’homme à la périphérie de la Lune, puis à sa surface, dans le cadre d’un programme à long terme visant à établir une présence humaine durable dans l’espace lointain.



