La Banque du Maroc revoit ses prévisions à la hausse… L’économie nationale devrait connaître une nouvelle accélération en 2026

La Banque du Maroc prévoit que l’économie nationale connaîtra une accélération de son rythme de croissance au cours de l’année 2026, après avoir révélé, à l’issue de la deuxième réunion trimestrielle de son conseil d’administration pour l’année en cours, que la croissance pourrait passer de 4,9 % en 2025 à 5,2 % cette année, avant de redescendre à 3,1 % en 2027 en raison de l’effet de base.
Dans son communiqué, la Banque centrale a précisé que le secteur agricole serait l’un des principaux moteurs de la croissance au cours de l’année en cours, la valeur ajoutée agricole devant augmenter de 16 % en 2026, après une hausse de 8,2 % en 2025.
Selon cette même source, cette amélioration est liée à une récolte de céréales qui devrait avoisiner les 90 millions de quintaux, selon les estimations du ministère de l’Agriculture. Toutefois, la Banque du Maroc prévoit une baisse de la valeur ajoutée agricole de 7,6 % en 2027, en partant de l’hypothèse d’un retour à une récolte céréalière moyenne.
Quant aux activités non agricoles, leur rythme de croissance devrait se stabiliser à environ 4,2 % en moyenne au cours des années 2026 et 2027, après avoir atteint 4,5 % en 2025.
Une pression attendue sur la balance commerciale
En ce qui concerne les comptes extérieurs, la Banque du Maroc prévoit que la balance commerciale continuera de subir de fortes pressions, en raison de la forte hausse des prix des produits pétroliers et de certains intrants, ainsi que de la poursuite des efforts d’investissement.
Dans ce contexte, la facture des importations d’énergie devrait augmenter de 26 % pour atteindre 135 milliards de dirhams en 2026, avant de redescendre à 114,4 milliards de dirhams en 2027.
On prévoit également que les achats de biens d’équipement augmenteront de 12,3 % en 2026, puis de 9,3 % en 2027, pour avoisiner les 245 milliards de dirhams.
En ce qui concerne les exportations, après un recul de 18 % des ventes du secteur automobile en 2025, la Banque du Maroc prévoit que celles-ci retrouveront progressivement leur rythme pour atteindre 190,8 milliards de dirhams d’ici 2027.
En ce qui concerne le phosphate et ses dérivés, les ventes devraient augmenter de 8,5 %, puis de 24 %, pour atteindre 110,9 milliards de dirhams en 2027.
Le tourisme et les transferts de fonds continuent de soutenir l’économie
La Banque du Maroc a également indiqué que les recettes du tourisme devraient conserver leur forte dynamique, puisqu’elles devraient passer de 138,6 milliards de dirhams en 2025 à 161,1 milliards de dirhams en 2027.
Les transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger devraient également augmenter au cours de la même période, passant de 122 milliards de dirhams à près de 130 milliards de dirhams.
Malgré ces résultats positifs, la Banque centrale prévoit une aggravation sensible du déficit de la balance courante, qui passera de 2,4 % du produit intérieur brut en 2025 à 4 % en 2026, avant de reculer légèrement à 3,8 % en 2027.
En ce qui concerne les flux d’investissements directs étrangers, la Banque du Maroc a souligné que leur évolution restait entachée d’une grande incertitude, les flux annuels devant s’élever à 3,5 % du produit intérieur brut.
Compte tenu des financements extérieurs attendus par le Trésor, la banque prévoit que les réserves officielles continueront de progresser pour atteindre 542 milliards de dirhams en 2027, ce qui correspondra à 6 mois et 9 jours d’importations de biens et de services.
Liquidité, crédit et valeur du dirham
En ce qui concerne la situation de la liquidité, la Banque du Maroc prévoit que les besoins des banques en la matière passeront de 131,7 milliards de dirhams en 2025 à 143 milliards de dirhams en 2027, en raison de la croissance attendue du volume de la monnaie en circulation.
Quant au crédit bancaire destiné au secteur non financier, son rythme de croissance devrait s’accélérer de manière significative, passant de 4,8 % en 2025 à 6,8 % en 2026, avant de revenir à 6,1 % en 2027.
En ce qui concerne la monnaie nationale, la Banque du Maroc a précisé que les évaluations trimestrielles qu’elle réalise indiquent que la valeur du dirham reste, dans l’ensemble, en adéquation avec les fondamentaux économiques.
Dans le même ordre d’idées, après une hausse de 2 % du taux de change réel en 2025, la banque prévoit une baisse de 3,6 % en 2026, puis de 0,8 % en 2027.
Le déficit budgétaire devrait diminuer
En ce qui concerne l’exécution du budget, la Banque du Maroc a indiqué que les cinq premiers mois de l’année avaient été marqués par une hausse des recettes ordinaires de 8 %, contre une augmentation des dépenses totales de 12,2 %.
Cette hausse des dépenses s’explique principalement par l’augmentation des dépenses liées aux biens et aux services, ainsi que par les intérêts de la dette.
Compte tenu de ces évolutions, des dispositions de la loi de finances pour l’année 2026, de la programmation budgétaire pour la période 2026-2028, ainsi que des crédits supplémentaires débloqués par le gouvernement à hauteur de 20 milliards de dirhams, la Banque du Maroc prévoit que le déficit budgétaire, hors recettes provenant de la cession des participations de l’État, reculera à 3,4 % du produit intérieur brut cette année, puis à 3,3 % en 2027.
Ces prévisions montrent que l’économie marocaine aborde l’année 2026 avec un élan manifeste, soutenue par l’amélioration du secteur agricole et la vigueur persistante du tourisme et des transferts de fonds, malgré les pressions attendues sur les importations et la balance courante.



